Devoir de Mémoire

Lorsque j’ai débuté mes recherches en généalogie militaire, dans le courant de l’année 2005, j’étais loin de me douter de ce que j’allais découvrir.

J’ai appris que quatre membres de ma famille avaient participé à la Première Guerre Mondiale, un seul a pu en réchapper de justesse. Les trois autres ont été tués et ont obtenu la mention «Mort pour la France».

Mon grand-père, Albert Baptistin Demarchi, appartenait au 121e Régiment d’Artillerie Lourde. Il a survécu au naufrage du bateau qui le transportait malgré un long séjour dans l’eau froide. Je suis toujours à la recherche des circonstances de ce naufrage, du nom du bateau et s’il fut coulé par une torpille tirée par un U-Boot ou au contact d’une mine.

Mon arrière-grand-père Joseph Félix est mort le 9 juin 1915 des suites de ses blessures de guerre dans l’hôpital auxiliaire No 4 qui avait été érigé dans le château de Bizy à Vernon dans l’Eure. J’ai découvert sa tombe dans le carré militaire du cimetière de Vernon.

Mon grand-oncle Humbert Capriata a trouvé la mort à Lagarde en Moselle lors du combat du 11 août 1914. Son Régiment le 58e Régiment d’infanterie d’Avignon n’avait jamais connu l’épreuve du feu. Il a été décimé lors d’une contre-attaque Allemande par l’artillerie de l’ennemi et par l’assaut de la cavalerie des Uhlands. J’ai découvert sa tombe dans la Nécropole Nationale de Lagarde.

Mon Grand-oncle Camille Demarchi a été tué le 25 octobre 1914 lors des combats de Anzin St Aubin dans le Pas de Calais. Son corps a été exhumé en juin 1922 et rapatrié en Algérie son pays natal.

Tous les quatre venaient d’Algérie et n’avaient jamais connu la métropole.

Qu’importe si désormais rien ne subsiste de leur guerre. A l’aube, ou parfois au crépuscule, j’ai voulu voir les lieux où ils se sont battus et parfois où ils ont péri.

J’ai senti leur présence, leur jeunesse, dans le silence des anciens champs de batailles devenus champs de blés, dans la solitude des chemins de terre jadis défoncés par les chenilles des chars. Longtemps, je suis resté silencieux aux pieds des Monuments aux Morts et dans les nécropoles.

J’ai marché dans leurs pas comme si, lors de ces pèlerinages, je pouvais prendre sur mon dos un peu de leur souffrance, comme si je pouvais verser les larmes qu’ils n’ont jamais versées.

Luc Demarchi – Septembre 2014.

« Bien sûr, nous avons l’habitude d’attendre… mais peu à peu, nous découvrons que leur rire clair, nous ne l’entendrons jamais plus. Nous découvrons que ce jardin là nous est interdit pour toujours. Alors commence notre deuil véritable qui n’est point déchirant mais un peu amer. Rien, jamais, ne remplacera les compagnons perdus. »

Antoine de Saint Exupery. Terre des hommes.

1 Commentaire

  1. cotro

    j’ai tellement entendu mon mari parler de son grand père et de ses deux oncles morts et disparus pendant la grande guerre qu’elle est devenue partie intégrante de ma mémoire et de la soif d’apprendre toujours. Je suivrai votre site.
    une pied noir mariée à un petit gars de la somme.
    Bien à vous.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *