1er Régiment de Marche de Zouaves

Extrait du Journal des Marches et Opérations

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Extrait du Journal des Marches et Opérations du

1er Régiment de Marche de Zouaves

Il est constitué du 4ème, 5ème et 11ème bataillons du 1er RZ

Extrait du livret du Bataillon G, campagne du 20 août 1914 au 29 juin 1916


20 Août 1914

Le Bataillon G sous le commandement du Capitaine Paris et comprenant les Compagnies :

  • 53e, Capitaine Bigoudot, Lieutenants Lathometie et Grattepanche
  • 54e, Capitaine Hamonier, Lieutenants Rivet et Schmidt, S/Lieutenant Bagard
  • 55e, Capitaine Batton, Lieutenants Bellanger, Pouchin, Boudet
  • 56e, Capitaine Verdier, Lieutenants Gigot, Daboussy, S/Lieutenant Masson

État-major du bataillon :

  • Lieutenant des détails : Eisenchteter
  • Lieutenant commandant la section de mitrailleuses : Nanta
  • Médecin Aide-Major de 2e classe : Costa

soit à l’effectif de 19 officiers et 1077 hommes, 10 chevaux, 45 mulets et 30 voitures marocaines, s’embarque à bord de « La Marsa » à destination de Cette.

Le Bataillon G fait partie du 1e Régiment de Zouaves de Marche dans la composition duquel entrent les bataillons :

H, Commandant Haentjens du 1e Régiment de Zouaves
Bataillon du 4e Régiment de Zouaves, Commandant De Vallon


21 août 1914

Arrivée à Cette à 15 heures, le bataillon débarque et occupe les cantonnements qui lui sont désignés.


22 août 1914

Séjour à Cette.


23 août 1914

Le bataillon quitte Cette à 10 h 11’ par chemin de fer et arrive à Narbonne à 13 h 30’, occupe les cantonnements quai d’Alsace.


24 Août 1914

Séjour à Narbonne.


25 Août 1914

Séjour à Narbonne. Le Commandant Trapet du 1e Régiment Étranger arrive à Narbonne désigné par décision du Général Commandant en chef de l’Armée d’Afrique du Nord en date du 18 août 1914 N° 31080(05) pour prendre le commandement du Bataillon G. Le Chef de Bataillon Trapet prend son commandement à la date de ce jour.


26 août 1914

Séjour à Narbonne.


27 août 1914

Séjour à Narbonne.


28 août 1914

Séjour à Narbonne. Réception de l’ordre de départ.


29 août 1914

Départ de Narbonne en chemin de fer, itinéraire : Carcassonne, Toulouse, Montauban (halte repas).


30 août 1914

Continuation de la route en chemin de fer, le bataillon passe par Brive, Limoges, Les Aubrays (halte repas) et arrive le 31 août à 2 heures du matin au quai militaire de débarquement de Massy-Palaiseau.


31 août 1914

Le bataillon est cantonné, la 53e Compagnie et l’Etat-Major aux établissements Vilmorin-Andrieux, la 54e Compagnie à la ferme, les 55e et 56e à Villaine. Le Bataillon reçoit l’ordre de prendre les mesures de sureté loin de l’ennemi.


1er septembre 1914

Séjour dans les cantonnements (école de régiment).


2 septembre 1914

Manoeuvre à Longjumeau. Le bataillon reçoit l’ordre de départ pour 19 h. Traverse Paris la nuit (entré par la porte de Montrouge, sorti par Aubervilliers).


3 septembre 1914

Au petit jour, le bataillon arrive au Bourget où la 45e Division se trouve réunie sous le commandement du Général Druve.
Sur l’avis que les Allemands occupent Fusarches et La Chapelle, les troupes sont placées en position d’attente, pendant qu’une reconnaissance de cavalerie est envoyée en avant.
18 h : Départ pour Montreuil la Boissière où le bataillon cantonne.


4 septembre 1914

A 3 h 45′ réception d’un ordre de départ immédiat pour Le Bourget.
4 h : Contrordre. La division reçoit l’ordre de garder le repos, prêt au départ sous les ordres du Général Maunoury.


5 septembre 1914

La division faisant partie de la 6e Armée sous les ordres du Général Maunoury quitte Montreuil, cantonne le soir à Mauregard.  (Le Mesnil-Amelot).


6 septembre 1914

Continuation de la marche en avant du bataillon qui bivouaque le soir à Monthyon.
17 h : Le bataillon reçoit l’ordre d’opérer une contre attaque prés de Penchard. Ce mouvement ne reçoit qu’un commencement d’exécution, la nuit arrêtant le mouvement. Le bataillon rentre à son bivouac.


7 septembre 1914

2 h 30′ : Départ du bivouac de Monthyon pour Chambry par Neufmontiers, sud de Penchard et route de Penchard à Chambry.
A la sortie Est de Penchard le bataillon prend la formation d’avant garde. Compagnie Verdier dite d’avant garde au Régiment.
5 h : Arrivée à Chambry, la Compagnie Verdier reçoit l’ordre de se porter à la cote 115 en traversant rapidement le village sous les et débouchés étant fouillés.
La Compagnie Bigoudot reçoit l’ordre de se former en ligne à l’Est de la route sur le petit chemin creux allant à la cote 107, sud du village.
Les Compagnies Hamonier et Batton recoivent l’ordre de se former à l’Est de la route.
5 h 25′ : La Compagnie Hamonier reçoit l’ordre de se porter en avant en passant à l’Est du village.
5 h 30′ : Les patrouilles de la Compagnie Verdier reçoivent des coups de  feu, le Zouave Féménias, le premier blessé est atteint d’une balle au ventre.
5 h 40′ : La Compagnie Verdier progresse et prend pied sur le chemin creux à la sortie Nord du village. Le capitaine reçoit l’ordre de se tenir coute que coute sur sa position, de surveiller le terrain en avant et de ne pas perdre le contact.
5 h 40′ : La Compagnie Hamonier reçoit l’ordre de se porter à la gauche de la Compagnie Verdier, de soutenir cette Compagnie et de coopérer à sa mission.
5 h 40′ : Le rassemblement du bataillon est violemment canonné par les pièces d’artillerie qui, la journée précédente, avait repéré son tir.
Les Compagnies Verdier et Hamonier exécutent brillamment leur mission et se terrent dans les chemins creux de la sortie Nord-Est du village.
5 h 25′ : La Compagnie Batton reçoit l’ordre de se porter en avant pour soutenir les Compagnies engagées.
A la sortie Nord du village, le 1e Peloton de cette Compagnie se porte en avant à la hauteur de la Compagnie Hamonier qui tenait solidement le cimetière et à cheval sur la route 115 se reliait à sa droite à la Compagnie Verdier.
Le 2e Peloton de la Compagnie Batton avec son capitaine, utilisant le terrain se porte à une position lui permettant de soutenir Les Compagnies engagées en cas de contre-attaque de l’ennemi. Le capitaine Batton est blessé à la tête.
Le tir des obusiers produisait un gros effet de terrorisation, néanmoins les officiers donnant l’exemple, chacun se tint à  sa place. A partir de ce moment, le bataillon a rempli une partie de la mission donnée par le colonel Corvet :

  • marcher sur la cote 115,
  • s’emparer des débouchés du village,
  • prendre pied sur les hauteurs et s’y tenir coute que coute,
  • refouler l’infanterie ennemie,
  • s’accrocher à la position afin de renseigner le colonel sur les mouvements de l’ennemi.

6 h : Le 2e Peloton de la Compagnie Batton se porte sur la ligne.
A partir de 6 h une violente canonnade est dirigée sur le village et les positions occupées par le bataillon, néanmoins les pertes sont relativement faibles, les hommes étant placés à l’abri des talus aménagés par eux.
7 h : Les 3 Compagnies du bataillon occupent une ligne à cheval sur la route de la cote 115, cimetière et chemin creux se dirigeant au Sud-Est.
Un bataillon du régiment est en réserve en arrière.
Le tir violent qui a eu un effet terrorisant et déprimant, continue jusqu’à 20 h du soir avec quelques accalmies seulement.
22 h : Le bataillon reçoit l’ordre de soutenir l’attaque du 3e Zouaves, le bataillon se porte en avant par petits bonds, la gauche en avant et se relie avec le 3e Zouaves. Dès la sortie des tranchées, il est accueilli par une forte fusillade.
Compagnie Gigoudot : établie dés 5 h 15′ pour protéger la droite du bataillon, s’est portée en avant vers 7 h 30′ , la section de mitrailleuses était placée à sa disposition.
5 h 30′ : la section de mitrailleuses ouvre le feu sur l’infanterie ennemie placée en avant de la cote 107. Immédiatement des obus ennemis mettent hors de service cette section de mitrailleuses.
7 h 45′ : La Compagnie Bigoudot se trouve à l’intersection du ruisseau de Mansigny et du sentier de Chambry à Varennes par la croix au Nord de la cote 107. Elle se trouvait environ à 500 mètres en avant de notre artillerie à laquelle elle servait de soutien. Cette Compagnie avait quelques cavaliers ennemis sur sa droite. Elle n’avait pas ouvert le feu faute de visibilité des objectifs.
La Compagnie Bigoudot avait l’intention, sauf ordre contraire, de continuer à couvrir notre artillerie et de soutenir la ligne d’infanterie et de se porter sur la crête qui borde la rive droite du canal.
L’ordre lui était envoyé d’assurer la mission imposée et d’agir selon les renseignements obtenus et selon la situation que seul il était apte à juger (ci joint le dernier compte rendu du Capitaine Bigoudot).
Vers 11 h, la Compagnie s’étant portée en avant se trouvait formée dans un champ de luzerne face à l’ennemi. Une section du 3e Bataillon se retirant attira l’attention de l’ennemi sur la Compagnie qui fut immédiatement couverte d’obus.
A un moment d’accalmie, le Capitaine fait porter sa Compagnie en avant pour la dissimuler. Dans ce mouvement, elle tomba sous un feu terrible de mitrailleuses postées. Le capitaine fut tué, ses officiers blessés et un grand nombre d’hommes hors de combat.
Le lieutenant Nanta, qui n’ayant plus sa section de mitrailleuses avait pris le commandement d’une section, comme son capitaine mourût héroïquement.
23 h : Le bataillon rentre dans ses tranchées pour y passer la nuit (nuit tranquille).

Pertes de la journée
Tués :

  • 53e Compagnie : Capitaine Bigoudot
  • PEM : Lieutenant Nanta
  • 54e Compagnie : Lieutenant Schmid
  • 54e Compagnie : 1 sergent, 1 Zouave
  • 56e Compagnie : 1 sergent, 1 Zouave

Blessés ou disparus :

  • 53e Compagnie : Lieutenants Grattepanche et Lathometie
  • 55e Compagnie : Capitaine Batton
  • 53e Compagnie : 128 gradés et Zouaves (dont 7 sous officiers)
  • 54e Compagnie : 22 gradés et Zouaves (dont 3 sous officiers)
  • 55e Compagnie : 25 gradés et Zouaves (dont 1 sous officier)
  • 56e Compagnie : 32 gradés et Zouaves (dont 1 sous officier)

Citations demandées

  • Capitaine Bigoudot – A conduit brillamment sa Compagnie au feu, est tombé héroïquement en entrainant ses hommes. Officier de la plus grande valeur sous tous les rapports, c’est une perte pour l’armée.
  • Lieutenant Nanta – Commandant de la section de mitrailleuses, la section de mitrailleuses ayant été mise hors de service, a pris le commandement  d’une section de la 53e Compagnie. Blessé au bras a continué à entraîner ses hommes, atteint d’une deuxième blessure n’a pas voulu quitter sa section, une troisième blessure mortelle l’a arrêté. Cet officier d’une grande valeur a montré des qualités d’énergie et de commandement au dessus de tout éloge, a donné le plus bel exemple.
  • Lieutenant Schmidt – A trouvé une mort glorieuse en entraînant ses hommes, se trouvant dans une situation difficile et sous un feu très violent. Energique, entraîneur d’hommes, a donné le plus bel exemple.
  • Capitaine Batton – A fait preuve des plus brillantes qualités militaires en conduisant sa Compagnie portée sous un feu violent en renfort des Compagnies engagées, a donné l’exemple de courage et d’énergie, a soustrait ses hommes aux effets des balles ennemies. Blessé à la tête, a donné le plus bel exemple de calme et de sang froid (doit être proposé pour chef de bataillon).
  • Lieutenant Lathométrie – Son capitaine tué et lui même blessé grièvement a rallié sa Compagnie sous un feu violent, a fait preuve d’énergie, de bravoure, et de fortes qualités militaires.
  • Adjudant-chef Granger – Blessé grièvement aprés la mort de son capitaine, a sous un feu violent continué à commander sa section en donnant l’exemple de bravoure et de valeur militaire.
  • Sergent Gauthier – A fait preuve de la plus grande énergie au moment de la contre attaque de nuit du 7 au cours de laquelle il fut blessé.
  • Capitaine Hamonier – A conduit sa Compagnie d’une façon remarquable secondant brillamment le Capitaine Verdier, a réussi à s’emparer d’un point d’appui qui n’a pu être dépassé, s’y est établi en ayant un minimum de pertes sous un feu terrorisant. A fait preuve de qualités militaires pratiques, a su entraîner sa Compagnie et la maintenir sous un feu violent.
  • Capitaine Verdier – Commandant la Compagnie à l’avant garde, a pris toutes dispositions utiles, a réussi à s’emparer d’un point d’appui sérieux et a montré dans le combat de brillantes qualités militaires, a placé sa Compagnie dans une position solide évitant les pertes, s’accrochant à l’ennemi et refoulant ses patrouilles et détachements, donnant au chef de bataillon tous les renseignements sur l’ennemi, a maintenu sa Compagnie pendant toute la journée sous un feu violent, donnant l’exemple du calme et de l’énergie et l’a brillamment conduite à la contre attaque au soir.
  • Sous-Lieutenant Masson – blessé à la jambe au moment où il entraînait brillamment sa section pour l’attaque de nuit.
  • Zouave de 2e classe Féménias – 56e Compagnie, Grièvement blessé s’est écrié : « Je suis perdu, mais je meurs pour la Patrie. ».
  • Lieutenant Bellanger – Le capitaine ayant été blessé, a pris le commandement de la Compagnie qu’il a vigoureusement conduite à une contre attaque.
  • Caporal Feuillet et Zouave de 2e classe Bes – 55e Compagnie, ont sous un feu des plus violents, assuré pendant toute la durée du 7, la surveillance au front de la Compagnie.

8 septembre 1914

Le bataillon a passé la nuit dans la tranchée. La canonnade recommence à 6 heures du matin et ne se termine que le soir à 18 heures. Feu intense, quelques accalmies. Le bataillon reste toute la journée dans les tranchées qu’il a aménagées.

Pertes de la journée
Tués :

  • 54e Compagnie : 2 Zouaves

Blessés ou disparus :

  • 54e Compagnie : Sous-Lieutenant Masson
  • 54e Compagnie : 9 hommes
  • 55e Compagnie : 2 d
  • 56e Compagnie : 3 d

9 septembre 1914

Le bataillon relevé quitte les tranchées à 16 heures et va cantonner au village.

19 h : Enterrement du Capitaine Bigoudot et du Lieutenant Nanta.


10 septembre 1914

Le bataillon quitte Chambry à 4 h et se porte à la poursuite de l’armée Allemande qui se replie en passant à Varreddes, Gué à Tresmes, Lizy sur Ourcq, Mary, Lizy sur Ourcq, Ocquerre, Crouy sur Ourck et Montigny-l’Allier où le bataillon arrive à 20 h et y cantonne.


11 septembre 1914

A 5 h, le bataillon quitte Montigny et se dirige sur Longport en passant par Mareuil sur Ourcq, La Ferté-Milon, Troësnes et Faverolles. Il atteint Longpont à 15 h et prend son cantonnement à La Grange, arrive de Longpont à 18 h.


12 septembre 1914

Départ à 5 h 30’du du cantonnement de La Grange (Longpont). Le bataillon est avant garde de la brigade. Compagnie Hamonier et Batton avant garde.
Le canon tonne en avant.

8 h 30′ : Passage à Vesigneul
9 h 30′ : Noyant, le bataillon reçoit mission de se porter en avant par la route de Chateau Thierry et d’occuper la crête du plateau Noyant-Belleu. Il se porte sur sur la cote 120. Sud de B de Belleu.
Occupation de cette cote à 12 h.
Le bataillon reçoit l’ordre de s’établir à la lisère du bois près du Mont de Belleu. L’artillerie bat le plateau. La 54e a un blessé.
Le bataillon Zeiling est à notre droite.
13 h : Le bataillon occupe partie de la lisière N. de Belleu.
14 h 30′ : Les trois bataillons du régiment se portent sur la gare de Soissons et se rangent dans la rue sous le feu de l’artillerie.
La 54e Compagnie en se portant sur la gare fait 17 prisonniers.
16 h : Arrivée gare de Soissons.
18 h : Le bataillon reçoit l’ordre de cantonner à l’hôpital. Le cantonnement est pris à 18 h 30′.


13 septembre 1914

Départ du cantonnement ( hôpital ) à 5 h 15′.
Le bataillon se porte sur la passerelle de la sucrerie qu’il doit terminer et fermer le passage par les unités du 8e Tirailleurs.
5 h 30′ : Arrivée, la passerelle est coupée.
Le Capitaine Batton très souffrant de sa blessure est éprouvé. Il quitte la Compagnie pendant le trajet.
Le Lieutenant Bellanger sous le feu de l’artillerie répare la passerelle et réussit à faire passer L’Aisne à sa Compagnie. Il s’installe à St Médard et entre en relations avec la 90e brigade (6 h 15′).
7 h : Le bataillon défilé dans la sucrerie et ses abords et à St Médard ne subit aucune perte de l’ennemi.
9 h : Distributions.
10 h 30′ : Les régiments prennent un repas chaud. Le bataillon cantonne à la sucrerie.


14 septembre 1914

3 h : Départ de la sucrerie de Villeneuve, passage du pont de bateaux, marche en colonne sur la route de Maubeuge.
6 h 45′ : L’artillerie ennemie nous canonne.
7 h : La Compagnie Verdier est envoyée le long de la voie ferré pour couvrir le rassemblement du régiment.
Le bataillon s’abrite derrière des maisons à l’entrée de Crouy.
10 h : La 54e a pour mission de se porter sur la station de Crouy.

La 56e rentre.

15 h : Le général fait placer la 54e en première ligne pour l’attaque de la cote 132. Cette Compagnie se trouve intercalée dans des unités du 2ème Zouaves et du 3ème Zouaves.
La Compagnie Bellanger (55e) se porte à la droite de la Compagnie Hamonier et occupe les environs de la gare.
Le bataillon cantonne à Crouy.

Pertes de la journée :

  • Tués 2 : (54e = 1) ( x.E.M. =1)
  • Blessés 15 : (53e =1) (54e = 2) (55e = 1) (56e = 11)
  • Disparus 4 : (54e= 4)

15 septembre 1914

Départ de Crouy à 4 h 15′ pour occuper une position à l’Ouest de Crouy. Feu à la cote 132 et préparer l’attaque de cette cote :

  • 55e sur le chemin à l’Ouest de la station
  • 54e prolongeant à l’Ouest
  • 53e en réserve derrière la gauche à 300 m.
  • 56e en réserve derrière la droite, le long de la tranchée du chemin de fer.

5 h 15′ : L’ennemi ouvre le feu, artillerie et mitrailleuses. Des isolés et fractions du 2e Zouaves sont en avant du front et sur la gauche. Ils se rassemblent et se reportent en arrière. Nous établissons la liaison avec la  90e brigade. Le feu continue.
9 h : La Compagnie Hamonier progresse de 200 m.
Bombardement de Crouy à partir de 10 heures, obus percutants jusqu’à 13 heures, grands dégâts.
10 h : La réserve 53e Compagnie est portée 200 mètres en avant.
13 h : Bombardement de nos tranchées, le bombardement continue.
20 h 45′ : Feu violent sur nos tranchées et le village, attaque d’infanterie sur le 2e Zouaves à notre gauche.
22 h : Feu lent dans toutes directions, projections de nuit.
1h : Départ pour Orchamps, relevé par le bataillon N°14 du 2e Zouaves.
3 h 30′ : Cantonnement à Orchamps sous une pluie battante.

Pertes :

  • Tué 1 : 54e Compagnie : 1
  • Blessés 5 : 54e Compagnie : 1, 55e Compagnie : 2, 56e Compagnie : 2.

16 septembre 1914

6 h : Le bataillon reçoit un renfort de 2 officiers (Sous Lieutenant Rimbeaud de l’infanterie Coloniale (53e Compagnie) et De Valleuil de la réserve (hors cadre) (54e Compagnie) et 200 gradés et Zouaves venant du dépôt de St Denis.
8 h : Départ de Orchamps
Stationnement au défilé près du pont de bateaux de la sucrerie battu par l’artillerie ennemie.
Passage du pont très difficile.
15 h : Arrivée a St Médard, le bataillon s’installe à l’Institut des sourds muets.
16 h : Reconnaissance et mise en état de défense du village de St Médard.
24 h : Le bataillon reçoit l’ordre de partir pour la verrerie.


17 septembre 1914

1 h : Arrivée à la verrerie, toutes les Compagnies se mettent à l’abri du feu de l’artillerie ennemie.
7 h : Le bataillon reçoit l’ordre de se porter en réserve à la maison du commandement du général commandant la 90e brigade. Dés l’arrivée, construction de tranchées et d’abris.
13 h : Les Compagnies Hamonier et Bellanger 54e et 55e reçoivent l’ordre de se porter à la ferme de Neuf montagnes, sous le commandement du chef de bataillon.

A l’arrivée, le chef de bataillon Trestournel du 8e tirailleurs commandant le secteur, donne l’ordre à la Compagnie Hamonier de se placer dans la carrière, près du carrefour. La Compagnie Belllanger reste en réserve à la ferme.

Citations demandées à la suite de la journée du 15 :

  • Capitaine Hamonier – a conduit brillamment sa Compagnie, lui a ménagé le minimum de pertes. A l’attaque de nuit s’est distingué par son sang froid se tenant sabre au poing derrière les tranchées de sa Compagnie. A proposer pour officier de la légion d’honneur, 13 ans au grade de chevalier.
  • Sous-Lieutenant Bagard – Énergique et même farouche au feu, conduit sa section avec entrain et vigueur. Le 15 septembre est parvenu à amener sa section au pied de la position ennemie (cote 132). A proposer pour Chevalier de la Légion d’Honneur.

Pertes de la journée du 17 :

  • Tué : néant.
  • Blessés : 54e Compagnie : 2, 55e Compagnie : 1, 56e Compagnie : 2.
  • Disparu : 55e Compagnie : 1.

18 septembre 1914

Quelques coups de canon pendant la nuit.

7 h : La Compagnie Bellanger quitte la ferme Neuf montagne pour se porter à la carrière.
La canonnade recommence.
L’ennemi occupe ses tranchées et de nombreuses patrouilles sont lancées par eux.
11 h : Le commandant rejoint les 2 Compagnies à la carrière (il était resté à la ferme pendant l’absence du commandant du secteur; chef de bataillon Trestournel du 8e Tirailleurs).
16 h 45 : Le bataillon reçoit l’ordre de se porter à Crouy, Compagnie par Compagnie, par un chemin couvert. Le mouvement commence par les 56e et 53e.
18 h : Le bataillon est établi dans les tranchées près de la cote 132. Il relève le bataillon Henriet du 2e Zouaves, 56e Compagnie et 53e Compagnie 1ère ligne,
54e Compagnie et 55e Compagnie 2ème ligne. Pluie battante pendant toute la nuit, alertes continuelles.
20 h : Bombardement des positions et attaque de quelques groupes d’infanterie.

Pertes :

  • Tué : 1
  • Blessés : 3

19 septembre 1914

Au jour, le commandant se rend à Crouy prendre les ordres du lieutenant colonel.
Le commandant prend le commandement du secteur Ouest. Il installe son poste de commandement près du pont de chemin de fer.
Communications très difficiles même pour les isolés, terrain boisé, défoncé par les pluies, glissant, fondrières, etc…
12 h : Le général annonce une attaque , les unités se tiennent prêtes. Des patrouilles d’observation envoyées en avant sont très éprouvées.
19 h : Les 53e Compagnie et 56e Compagnie sont relevées par le 3ème bataillon et vont cantonner au village de Crouy. Les 54e Compagnie et 55e Compagnie restent dans leurs tranchées, nuit calme.

Pertes :

  • Tués : 3
  • blessés : 4

Citations de la journée du 19 :

Le Zouave Bouvier de la 56e Compagnie, tué à l’ennemi. « Parti en qualité de volontaire pour reconnaître le terrain a été tué. Avait été légèrement blessé la veille et avait tenu à rester sur la ligne de feu. Père de quatre enfants n’a pas demandé à passer dans la territoriale. »


20 septembre 1914

Les 53e Compagnie et 56e Compagnie sont cantonnées à Crouy. Les 54e Compagnie et 55e Compagnie occupent les tranchées de la cote 132.
7 h : Les 54e Compagnie et 55e Compagnie rentrent au cantonnement à Crouy.
11 h : Quelques obus sont tirés sur le village. La Compagnie Hamonier a un tué et un blessé.
18 h : Le bataillon reçoit l’ordre de relever les 1er et 3ème bataillons; les 55e Compagnie et 56e Compagnie sous le commandement du chef de bataillon aux tranchées du plateau de la ferme de la Perrière; les 53ème Compagnie et 54éme Compagnie aux tranchées de la cote 132.
La relève s’exécute avec beaucoup de difficultés. Nuit calme. Bruits indiquant des mouvements de troupes chez l’ennemi.

Pertes :

  • Tué : 54e Compagnie : 1
  • blessé : 54e Compagnie : 1

21 septembre 1914

Bataillon dans les tranchées,
Groupe Hamonier, 54e Compagnie et 53e Compagnie, cote 132.
Groupe chef de bataillon, 55e Compagnie et 56e Compagnie, plateau de la ferme de la Perrière.
6h : Quelques coups de feu ennemi, notre artillerie canonne les positions ennemies.
7 h : Calme
Le groupe Hamonier a essuyé des coups de feu ennemis toute la journée en construisant des tranchées. La 54e Compagnie a des pertes. Cette Compagnie s’est très bien comportée sous le feu.
22 h : Les Compagnies sont relevées par le 3e Zouaves et vont cantonner à Villeneuve St Germain.

Pertes de la journée :

  • Tués : 54e Compagnie : 2
  • Blessés 10 : 53e Compagnie : 2, 54e Compagnie : 6, 55e Compagnie : 1, 56e Compagnie : 1

22 septembre 1914

Cantonnement à Villeneuve St Germain. Les Compagnies étudient la mise en défense du village et du parc jusqu’à la sucrerie.

Construction de tranchées et d’abris.

Pertes : Néant.


23 septembre 1914

Cantonnement à Villeneuve St Germain.
Continuation des travaux de tranchées.
5 h : Petit jour. Violente canonnade.
Le bataillon se tient prêt à relever les unités des tranchées.
16 h : La division prévient que les unités de 1ère ligne ne seront pas relevées aujourd’hui et que le bataillon restera cantonné à Villeneuve.


24 septembre 1914

Cantonnement à Villeneuve St Germain.
5 h 30 : Les Compagnies vont terminer les tranchées.
La 55e Compagnie prend le service général.
Situation calme.
16 h : L’ennemi bombarde le pont de bateaux. Quelques obus tombent sur les abords du village.
17 h : Le bataillon reçoit l’o/o de rester à son cantonnement.


25 septembre 1914

Le bataillon est cantonné à Villeneuve St Germain.
Amélioration des travaux de défense.
Travaux de propreté.


26 septembre 1914

Le bataillon est cantonné à Villeneuve St Germain.
A 14 h, le bataillon reçoit l’ordre de se tenir prêt à prendre les armes. La IIe armée étant fortement engagée à l’ailde gauche.


27 septembre 1914

Le bataillon est cantonné à Villeneuve St Germain.
Travaux de reconstitution du bataillon.


28 septembre 1914

Le bataillon est cantonné à Villeneuve St Germain.
Continuation des travaux de tranchées.
A 17 h, le bataillon reçoit l’ordre de se tenir prêt à partir pour Vauxrot et St Paul (aux bois) (relève de la 90e brigade).
20 h 30 : Départ de la 55e Compagnie pour St Paul où cette Compagnie s’établit à 21h 30. L’état-major de la 89e brigade est à St Paul.
Le sergent de Malglaive est nommé sous-lieutenant en réserve et affecté à la 59e Compagnie (ordre du régiment No 10 à la date du 26 septembre).
L’adjudant Lemaître est nommé sous-lieutenant à l’armée active à titre provisoire, à la date du 27 septembre et affecté à la 59e Compagnie (ordre du régiment No 12).

Ordre du régiment No 13

(Extrait de l’ordre général No 11.) Le général commandant la 45e Division d’Infanterie cite à l’ordre de la division les snés (sus nommés) ci-après qui se sont particulièrement distingués dans les combats de septembre.

Capitaine Hamonier : il a réussi, le 7 septembre 1914 à xxxx sa Compagnie sous le feu très violent et, grâce à son énergie, a pu s’emparer d’un point d’appui dont la possession était très importante pour la suite du combat.

Villeneuve St Germain, le 28 septembre 1914.
Le Lieutenant Colonel De Valon commandant le 1er Zouaves de Marche,
Signé : De Valon.


29 septembre 1914

Les 53e, 54e, et 56e Compagnies quittent Villeneuve St Germain à une heure pour aller à la maison de Commandement à Vauxrot, à 400 m au nord de la verrerie.

Arrivés à 2 h 30, les Compagnies occupent en réserve les tranchées à proximité de la route.
Le lieutenant colonel commandant le régiment est à la maison de Commandement.
Le bataillon a traversé l’Aisne sur la passerelle de la sucrerie et n’a pas été inquiété par l’artillerie ennemie pendant sa marche.
La 55e Compagnie arrivée à St Paul le 28 à 21 h 30 cantonne dans ce village et en assure la sécurité et la garde.
Le 29 au matin, la 55e Compagnie a eu un homme blessé en faisant la reconnaissance des tranchées.


30 septembre 1914

Le bataillon est réparti de la manière suivante :

55e Compagnie (Lt Bellanger) en réserve à St Paul.
53e Compagnie (Lt Pouchin) en réserve dans les tranchées sur la route de Terny à 800 m au nord de la maison de Commandement ?
Les 54e et 56e Compagnies dans les tranchées en réserve à proximité de la maison de Commandement.

12 h : La 56 Compagnie envoie une section en reconnaissance : château Clémencin, ravins descendant de la cote 132, carrières, trous, couverts par lesquels l’ennemi pourrait s’infiltrer. Cette section commandée par le Lieutenant Daboussy se met en relation avec le 3e Zouaves à droite et la Compagnie Verpillat (1er Zouaves, 3e Bataillon) en avant.
15 h : Une attaque générale a lieu. La Compagnie Hamonier reçoit l’o/o d’aller s’établir en réserve sur la route de Terny à hauteur de la ferme montagne xxxx.
La 53e Compagnie prend les armes et se tint prête à soutenir l’attaque (2 dispositifs d’attaque ont été montés par le lieutenant colonel. La section de mitrailleuses rejoint la 53e Compagnie.
19 h : La 54e Compagnie reçoit l’o/o de se porter 800 m en avant. et de s’établir  en renfort de la Compagnie Verpillat du 3e bataillon. Cette Compagnie passe la nuit dans cette position.


01 octobre 1914

  • 55e Compagnie en réserve à St Paul
  • 56e Compaagnie à la maison de commandement
  • 53e Compagnie à 800 m en avant de la maison de commandement sur la route de Terny.
  • 54e Compagnie en première ligne dans les tranchées près de la cote 132 se reliant à droite avec le 3e Zouaves.

9 h : La 56e Compagnie envoie un section de reconnaissance au Château Clémencin et terrains au Nord. Cette section se met en relation avec le 3e Zouaves et la Compagnie Hamonier.

Dans la matinée, la 54e Compagnie a reconnu :

  • Un chemin se dirigeant sur la maison de commandement.
  • Tout le terrain aux environs de la cote 132.

Dans la soirée, les patrouilles envoyées se heurtent à des patrouilles ennemies.
L’ennemi construit des tranchées sans relief apparent et paraît abandonner ses anciennes tranchées avec talus en avant.

Pertes de la journée

54e Compagnie : 2 tués
Blessés : 2 (53e Compagnie : 1, 54e Compagnie : 1)


02 octobre 1914

Le bataillon est à Vauxrot

Pertes : 54e Compagnie : 4 blessés


03 octobre 1914

Relève à minuit par un bataillon d’infanterie. Départ à 1 heure, arrivée à Montigny à midi. Embarquement autobus à 19 heures, arrivée à Compiègne à minuit.


04 octobre 1914

A 6 h 30 : départ de Compiègne en chemin de fer.
A 20 h 10 : arrivée à Baumetz, départ immédiat pour Duisans où le bataillon arrive à 23 h 30 et cantonne.


05 octobre 1914

A 8h : Départ de Duisans. Le bataillon va établir des tranchées à la cote 105. La 53e Compagnie reçoit l’ordre à 7 h d’assurer la sécurité du quartier général à Mareuil.
10 h 30 : Ordre est donné de suspendre les travaux et d’aller organiser un point d’appui à proximité de Mont St Éloi.
A 12 h : arrivée à Mont St Éloi. Le bataillon se porte à la cote 124.
A 13 h : ordre est donné au bataillon d’exécuter dans l’aprés midi une contre attaque sur Ablin St Nazaire.
A 14 h 30 : le bataillon est rassemblé dans le village de Villers au Bois, face à son objectif. Les 56e et 55e Compagnies en première ligne se portent sur le moulin Topart. La 54e Compagnie et une Compagnie du bataillon Peghaire remplacent la 53e Compagnie en réserve.
A 15 h : Le capitaine arrivant sur la crête à proximité du moulin se trouve dans une situation très critique. Sur sa droite, à moins de 1200 m, l’ennemi débouchant en ayant de nombreuses petites colonnes ennemies se portant sur Ablin. Renseignement déjà donné par la cavalerie qui avait évacué le moulin.
Le chef de bataillon donne l’ordre aux Compagnies de première ligne de se porter en repli sur une position repérée et mise en état de défense à 800 m en arrière.
A 15 h 30 : notre artillerie ayant fait serrer les groupes ennemis, ordre est donné à la Compagnie Hamonier de se porter au moulin Topart et de s’assurer si l’ennemi occupe en force Ablin.
A 16 h 15 : La Compagnie arrive au moulin. Elle est reçue par un feu de mousqueterie, néanmoins elle se maintient sur la position, envoie des reconnaissances et constate que le village d’Ablin est sérieusement occupé.
A 16 h 30 : très violente canonnade ennemie sur nos tranchées.
A 18 h : la Compagnie rentre, ramenant tous ses blessés.
Les 4 Compagnies reçoivent l’ordre suivant :

  • Compagnie Verdier (56e) et Mathevet (bataillon Peghaire) d’occuper le village de Villers et de le mettre en état de défense (des travaux préparatoires ayant été exécutés par la Compagnie Mathevet).
  • Les Compagnie Hamonier (54e) et Bellanger (55e) d’aller occuper le chemin creux (chemin de Villers à Mont St Éloi) à 300 m du village se reliant avec les bataillons Peghaire et Zwilling, de s’y établir solidement et s’il y a lieu, de résister sur place.

A 19 h : 6 Compagnies du 226 avec le Lieutenant Colonel Commandant le Régiment viennent occuper Villers au Bois.

Ordre est donné :

  • à la Compagnie Mathevet de rejoindre son bataillon dès qu’elle serait relevée par le 226. Son mouvement est exécuté à 23 h.
  • à la Compagnie Verdier de rester en position, le Cdt prenant le Commandement au front du village exposé à l’ennemi.

23 h : Le chef de bataillon reçoit les ordres de stationnement pour la nuit.

Nuit calme jusqu’à 5 h du matin où une patrouille de Hulans et de petites patrouilles d’infanterie ennemies viennent se heurter à notre front.

Pertes de la journée

54 Compagnie :

  • Tués : 2
  • Blessés : Lieutenant De Valleuil, xxxx
  • Disparus : 2

06 octobre 1914

La 56e Compagnie est employée à la défense du village de Villers au Bois sous les ordres du Lieutenant Colonel Commandant le 226e.
Les 54e et 55e Compagnies, dans les tranchées du chemin creux, 300 m à l’Est de Villers.
12 h : Réception de l’ordre d’attaque générale. Le bataillon doit se porter à la lisière Ouest du Bois des Alleux dès que le Colonel Commandant la Brigade lui en donnera l’ordre.
15 h 30 : Le bataillon quitte ses tranchées et va occuper le Bois des Alleux où il se retranche.
17 h : L’artillerie ennemie bombarde les tranchées.
23 h : Le bataillon reçoit l’ordre d’aller cantonner au village de Villers au Bois en se gardant les 54e et 56e Compagnie dans le village, la 55e Compagnie dans les tranchées du chemin creux.

Nuit calme, tiraillerie en avant sur la 1ère ligne.

Pertes de la journée

Blessés : 55e Compagnie : 4
P.E.M. : 1


07 octobre 1914

Nuit calme, au jour le bataillon de Zouaves occupant les tranchées au Nord est attaqué. Les 55e, 56e et 54e Compagnies prennent les armes. Les deux premières Compagnies concourent à la défense du village, la 55e Compagnie celle du chemin creux.

10 h : Le bataillon reçoit l’ordre de rallier les deux autres bataillons du régiment à Mont St Éloi.
11 h 30 : Arrivée à Mont St Éloi pendant le bombardement de ce village. Installation des 3 Compagnies et de la section de mitrailleuses dans le pâté de maisons qui entoure l’église.
15h 15 : Le bataillon part avec le régiment pour reprendre sa place dans la 45e division. Arrivée à Mareuil à 4 h 30.
Le bataillon s’établit au N.E du village en soutien à la 90e Brigade engagée au N.E.
18 h : Le bataillon et l’E.M. du régiment reçoivent l’ordre d’aller cantonner à Etrun.
19 h : L’installation au cantonnement d’Etrun est terminée et les distributions de la journée assurées.


08 octobre 1914

3 Compagnies  cantonnées à Etrun et la 53e à Aubigny (aux ordres du Quartier Général).
3 h : Une violente canonnade et fusillade à la 1ère ligne. Le bataillon prend les armes par alerte.
4 h : Le bataillon se porte sur Mareuil.
5 h : Le bataillon reçoit l’ordre de se porter sur Roclincourt à la disposition du Lieutenant Colonel Commandant le 3e Zouaves.
6 h : Les 56e et 55e Compagnies se placent dans le chemin creux à l’Ouest d’Ecurie, cote 107. La 54e Compagnie est envoyée en réserve au sud de Roclincourt à proximité du groupe d’artillerie Wagnan.
14 h 30 : Le 3e Zouaves doit exécuter une attaque en partant du front Ecurie Roclincourt sur la lisière Sud de Thelus.
15 h : Le bataillon se porte en réserve au sud de Maroeuil, à l’emplacement de la 54e Compagnie. Cette dernière se place à la sortie Est de Roclincourt près du cimetière.
17 h : La 53e Compagnie détachée à la garde du Quartier Général rejoint le bataillon.
La 54e Compagnie reçoit l’ordre d’appuyer le mouvement en avant de la chaine dans la direction de Thelus. Le mouvement s’effectue aussitôt. La Compagnie arrive entière sur la 1ère ligne du 3e Zouaves qui ne quitte pas ses tranchées.
Le Capitaine Hamonier voulant s’enquérir des raisons pour lesquelles la chaine ne progressait pas, se porte sur la gauche (47e Compagnie du 3e Zouaves). Il est très grièvement blessé, une balle au ventre et une au bras droit.
Le Sous Lieutenant Bagard prend le commandement de la Compagnie qui reste sur son emplacement.
17 h 30 : Le bataillon se dirige à la lisière sud de Roclincourt où il reçoit l’ordre de cantonner.
20 h : Le bataillon reçoit l’ordre d’aller cantonner à Maroeuil.
22 h : Le bataillon cantonne à Maroeuil.
La 54e Compagnie reçoit l’ordre d’aller cantonner à Maroeuil.
La section de mitrailleuses, qui a une mission spéciale, reste à la disposition du Lieutenant Colonel Ancel.


09 octobre 1914

Le bataillon est cantonné à Maroeuil.

5 h : Le bataillon quitte Maroeuil pour aller s’établir en soutien à l’Est d’Anzin St Aubin.
9 h : Le bataillon prend ses cantonnements à Anzin.
14 h 30 : Ordre est donné au bataillon de se porter en avant pour appuyer l’attaque.
15 h : Le bataillon est formé près de l’embranchement de la route de Bethune à Château-Thierry, au chemin d’Ecurie à Anzin, face à Roclincourt.
21 h : Le bataillon reprend ses cantonnements à Anzin.

Nuit calme, la section de mitrailleuses a rejoint le bataillon dans la matinée.


10 octobre 1914

7 h : Le bataillon reprend ses positions de la veille au soir. Il se trouve en soutien de l’attaque qui se produite vers midi.
17 h  : Le bataillon reçoit l’ordre de gagner son cantonnement.
19 h : Le bataillon part pour relever les 1er et 2ème Tirailleurs en première ligne devant la Targette et Neuville St Vaast.
24 h : Le bataillon est établi dans les tranchées, la 53e Compagnie en soutien de l’artillerie.

Nuit calme.


11 octobre 1914

Le bataillon est en première ligne.

17 h : L’ennemi bombarde la Maison Blanche et les tranchées à proximité (56e Compagnie), pas de pertes.

18 h : La 53e Compagnie quitte sa position de soutien d’artillerie et vient s’établir à 600 m en arrière de la 55e Compagnie dans un chemin creux. Le peloton De Malglaive avait déjà été porté à 11 h en renfort de la Compagnie Verdier à la Maison blanche.

Nuit calme.


12 octobre 1914

Le bataillon est établi en 1ère ligne aux mêmes emplacements qu’hier.

17 h : Violente canonnade sur Maison Blanche et les tranchées.
18 h : Le bataillon reçoit l’ordre de relever dans ses tranchées le bataillon Mahé au 3e Zouaves. La relève doit être effectuée demain matin 13 de 4 à 6 h du matin.

Nuit calme.


13 octobre 1914

4 h 30 : Le bataillon ayant relevé le 3e Zouaves, occupe le secteur Maison Blanche, route de Lille au Nord d’Ecurie face à Neuville St Vaast.
55e, 53e et 54e Compagnie en 1ère ligne, 56e en réserve : 1 peloton à la cote 107 (200 m Sud Ouest d’Ecurie), 1 peloton 1 km au sud de Maison blanche.
9 h : Bombardement du village et de ses abords.
18 h : Le peloton de soutien de la 56e Compagnie vient cantonner à Ecurie.
18 h 30 : Vive fusillade sur la ligne en réponse à l’ennemi qui vire sur les tranchées et sur le village d’Ecurie, violente canonnade sur les tranchées et bombardement du village. La canonnade cesse vers 21 h.

Nuit assez calme, de temps en temps on entend le canon.

Pertes de la journée

  • Blessés : 56 Compagnie : 2

14 octobre 1914

Le bataillon occupe les mêmes emplacements.

4 h 30 : Le peloton de la 56e Compagnie cantonné à Ecurie reprend son emplacement de jour qu’il avait quitté hier soir.
15 h :  Violente canonnade sur les tranchées. La 55e Compagnie a 2 blessés.
16 h 30′ : Le Sergent Baille, 53e Compagnie, en observation sur une meule de paille, est tué d’une balle au front.
17 h : Le Caporal Coulondre et le Zouave Sempe de la 54e Compagnie en patrouille sont blessés.
18 h : Le peloton de la 56e Compagnie vient cantonner au village pour la nuit.

Pertes de la journée

  • Tués : 53e Compagnie : 1 sous-officier
  • Blessés : 54e Compagnie : 2, 55e Compie : 2

15 octobre 1914

4 h : Les 53e, 54e, 55e Compagnies sont relevées par les Compagnies du 3ème bataillon.
6 h : La 54e Compagnie est établie en soutien à la ferme du Pont de Pierre ( 1 km à l’Ouest d’Anzin ) sur la tranchée Brunchaut.
La 55e Compagnie à la ferme, cote 94.
La 56e Compagnie en soutien d’artillerie, près du carrefour de la route de Château-Thierry et du chemin Anzin-Ecurie.
La 53e Compagnie en soutien, occupe les emplacements de la veille de la 56e Compagnie.
19 h : Très violente fusillade sur tout le front des secteurs Roclincourt et Ecurie jusqu’à 4 h du matin, canonnade violente  vers 24 h.


16 octobre 1914

Le bataillon occupe les mêmes emplacements qu’hier.

La 53e Compagnie en soutien est employée par le Commandant du 3ème bataillon aux travaux d’aménagement des tranchées.

18 h : La section de mitrailleuses et la 3ème section de la 54e Compagnie partent pour Larinet (Nord d’Agnez-Les-Druisans) pour garder le parc aérostatique.

Nuit calme, de notre coté canonnade intermittente.


17 octobre 1914

4 h : Les 53 et 56 Compagnies relevées par le 3ème bataillon vont cantonner à Anzin.

5 h : Les 54 et 55e Compagnies partent pour la cote 105, fournir des tirailleurs au Génie (établissement d’un point d’appui) à l’Ouest d’Etrun. Les Compagnies cantonneront à Haute-Avesnes la nuit du 17 au 18.

Faible canonnade pendant le jour et la nuit.


18 octobre 1914

Les 53e et 56e Compagnies sont cantonnées à Anzin.
9 h : Les 54 et 55e Compagnies venant de Haute-Avesnes viennent cantonner à Anzin.
19 h : La section de mitrailleuses qui était à la garde du parc aérostatique à Agnez-Les-Druisans rentre au cantonnement d’Anzin.
20 h à 20 h 45 : Violente fusillade sur la gauche de la première ligne.


19 octobre 1914

3 h : Les Compagnies partent relever les unités du 1er bataillon aux tranchées de 1ère ligne au secteur du Régiment (Ecurie).

54e Compagnie : Compagnie de droite du sous secteur de droite.
53e Compagnie : Compagnie de gauche au sous secteur de gauche, (ayant un peloton en réserve route de Bethune) sous le Commandement du Capitaine Verdier.

Poste de Commandement à Ecurie.

5h 45 : Canonnade sur Ecurie.
14 h : Violent bombardement d’Ecurie, (25 obus de tirés).

L’après-midi et nuit calmes.

Pertes de la journée

Blessé : 55e Compagnie : 1


20 octobre 1914

Le bataillon reste en première ligne.

6 h : Les tranchées ennemies tirent sur les tranchées à la 53e Compagnie qui ne répond pas.
7 h : Quelques obus ennemis tombent sur Ecurie.
8 h : Bombardement du village peu violent qui continue toute la journée.
12 h : Le bombardement redouble.
16 h : Violent bombardement, les obus mettent le feu au château dans lequel se trouve le poste de secours du bataillon.

M. le Médecin aide-major Costa, avec un grand sang froid prend toute disposition utiles pour faire évacuer les malades, blessés, le personnel et matériel médical.

17 h 30 : Le bombardement cesse vers la nuit.

Nuit calme.

Pertes de la journée

  • 56e Compagnie : 1 tué, 1 blessé
  • 55e Compagnie : 1 blessé

21 octobre 1914

4 h : Le 2ème bataillon est relevé en première ligne par le 3ème bataillon.
4 h 30 : Vive fusillade dans le secteur Roclincourt et sur notre droite.
La section de droite de la 54e Compagnie ne peut quitter sa position . Elle rejoint sa Compagnie à 5 h 15.
6 h : Les Compagnies du bataillon sont réparties de la manière suivante :

  • 54e Compagnie : En cantonnement d’alerte à l’Ouest d’Anzin, ferme du Pont de pierre.
  • 55e Compagnie : En cantonnement d’alerte dans les maisons à l’Ouest d’Anzin, tranchée Brunchaut.
  • 53e Compagnie : Soutien d’artillerie.
  • 56e Compagnie : Renfort de 1ère ligne, cote 107 la journée, défense d’Ecurie la nuit.

Quelques coups de canon pendant la journée.

16 h à 18 h : Violente canonnade dans la direction d’Arras.

24 h : Violente canonnade et fusillade dans la direction d’Arras.

Pertes :

Blessé 1 : 53e Compagnie


22 octobre 1914

Le bataillon se trouve sur les mêmes emplacements qu’hier.

16 h : Les 54e et 55e Compagnies reçoivent l’ordre de partir pour Ste Nicolas, se mettre à la disposition du Général Commandant la 77ème Division.
17 h : Arrivée des 54e et 55e Compagnies à l’huilerie (route de St Laurent) où elles relèvent 2 Compagnies du 1er bataillon.
18 h : Les 54e et 55e Compagnies prennent un cantonnement d’alerte à l’extrémité S.E. de St Nicolas.
24 h : Vive fusillade et canonnade en 1ère ligne.


23 octobre 1914

4 h : Les 53e et 56e Compagnies sont relevées par 2 Compagnies du 1er bataillon et viennent prendre leur cantonnement à Anzin St Aubin. Les 54e et 55e Compagnies restent en cantonnement d’alerte à Saint Nicolas.
4 h à 5 h : Violente fusillade et canonnade en 1ère ligne du coté de St Laurent. Pendant toute la journée, violente canonnade et attaque partielle sur tout le front.
21 h : La position de Maison Blanche ne pouvant être conservée, la 77ème Division se reforme en arrière d’une ligne St Nicolas – Roclincourt. Le mouvement est appuyé par la 237ème et les 54e et 55e Compagnies établies au Nord-Est de St Nicolas, route de Maison blanche.

Nuit calme.

Pertes :

Blessé  1 : 55e Compagnie


24 octobre 1914

Les 53e et 56e Compagnies sont cantonnées à Anzin St Aubin.
Les 54e et 55e Compagnies cantonnent à St Nicolas.
11 h : Ordre est donné aux deux dernières Compagnies d’attaquer St Laurent et de s’y établir.
12 h : Le détachement, par une marche rapide, refoule toutes les patrouilles ennemies surprises et s’empare de la partie Ouest du village jusqu’au carrefour, la Scarpe au sud et les maisons du Nord du village.
15 h 30 : Notre artillerie bombarde violemment les positions ennemies et la partie du village entre leurs mains.
17 h 45 : Les deux Compagnies du bataillon et un bataillon du 237ème attaquant la partie du village tenue par l’ennemi, principalement la position de l’église.

Trois colonnes sont formées :

  • Celle de droite, sous le Commandement du Lieutenant Boudet doit longer la Scarpe et marcher sur une tranchée ennemie située à 200 m en avant.
  • Celle du centre, sous le Commandement du Sergent-Major Duvert doit traverser le parc et se diriger sur une brèche du mur crénelé occupé par l’ennemi.
  • Celle de gauche, sous le commandement du Capitaine Pimodan du 237 doit attaquer l’église.

Partout l’ennemi est en force et nous empêche de progresser. Les pertes sont sensibles au 237e Régiment d’Infanterie. Le Lieutenant du Tilloy est grièvement blessé.

20 h 30 : Les Compagnies du bataillon se reforment sur leurs positions.

Fusillade toute la nuit.

Pertes :

Blessés : 1 Sous Officier, 4 xx et Zouaves (54e Compagnie)

Citations

  • Le Lieutenant du Tilloy (237ème d’Infanterie)
  • Sergent-Major Duvert (3e Compagnie)
  • Sergent Fornès (2e Compagnie)

25 octobre 1914

Les 59 et 56e Compagnies cantonnées à Anzin relèvent à 1 heure les unités de 1ère ligne du 3e Bataillon. Les 54e et 55e Compagnies occupent à St Laurent les mêmes positions que la veille.

12 h : Violent bombardement au village par l’artillerie lourde ennemie.
16 h : Attaque générale Allemande et continuation du bombardement.

La colonne ennemie qui longe la Scarpe, dans ses deux assauts est décimée par les feux du peloton du Lieutenant Boudet de la 55e Compagnie. Les unités lancées dans le jardin du château sont arrêtées dans leur marche. Celles venant de l’église et suivant la trouée des maisons au Nord de la rue arrivent jusqu’au barrage derrière lequel se tient une section de la 54e Compagnie. Les murs sont détruits et l’ennemi avance en faisant sauter tous les obstacles. La Section du Lieutenant Fornès et une Compagnie du 237e de ligne sont écrasés par les obus ennemis. Le Capitaine de Pimodan qui commande cette Compagnie est tué, mais l’ennemi dévoilé est arrêté.

Un fléchissement s’étant produit à notre gauche parmi les troupes défendant le plateau au Nord du village, le détachement de St Laurent résiste avec la plus grande énergie.

Le Bataillon du 237e, sous le Commandement du Capitaine Bernard Commandant le Bataillon, secondé par la Compagnie du Génie et des détachements de différents Corps, s’établit sur la crête à notre gauche et contient l’ennemi. L’ennemi est arrêté et sa progression réduite. Il s’empare de quelques tranchées entre la Maison Blanche et St Laurent et d’un groupe de maisons au Nord du dernier village.

23 h : L’ordre est donnée à la Compagnie du Génie, à un détachement du 237ème et à une Compagnie du 159e venue en renfort, d’attaquer le groupe de maisons au Nord du village, à la 54e Compagnie d’attaquer ces mêmes maisons en partant du village.

23 h 30 : Cette attaque ne réussit pas, l’ennemi étant en force. La fusillade continue toute la nuit.

Pertes :

  • Tués : 6 (54e Compagnie : 3, 55e Compagnie : 2, 56e Compagnie : 1)
  • Blessés : (54e Compagnie : 1 Sous-officier), (20 xx et Zouaves)
  • Disparus : 13 (54e Compagnie : 12, 55e Compagnie : 1)

Citations

  • Capitaine De Pinodan (237e)
  • Lieutenant Boudet
  • Lieutenant Bagard
  • Capitaine Bernard (237e)
  • Sergents Fornès et Bonrepeaux
  • Caporal Perussel
  • Sergents Vié, Rouge, Clavezani
  • Médecin Aide-Major de 1ère Classe Costa
  • Caporal Larcher (59e Compagnie)
  • Maréchal des Logis : Paladin

J’interromps ici la transcription du Journal des Marches et Opérations du 1er Régiment de Marche de Zouaves sachant que Demarchi Camille Raphaël est tué à Anzin Saint Aubin le 25 octobre 1914

symbole1 Suite du Journal des Marches et Opérations de ce Régiment

symbole1 Source de ce document : Site Internet (DMPA/DPC/Mémoire des Hommes)

Page en correspondance :

symbole1 Demarchi Camille Raphaël

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