9ème Régiment de Marche de Zouaves

Extrait du Journal des Marches et Opérations

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Extrait du Journal des Marches et Opérations du

9ème Régiment de Marche de Zouaves

Il est constitué du 2ème et du 3ème Bataillon du 1er RZ, et du 1er Bataillon du 4ème RZ

Extrait du livret III couvrant la période du 16 mars 1915 au 25 avril 1916


16 mars 1915

Deux compagnies (Donat, Cartier) du bataillon Legou et la 13ème compagnie de mitrailleuses exécutent un tir au champ de tir permanent de la garnison de Compiègne.
De jour, A Berneuil, bataillon Legou, compagnie Méjasson ; à Rethondes, compagnie Gianelli.


17 mars 1915

Exercice à la disposition des commandants de bataillon.
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie Nouvian ; à Rethondes, compagnie Imbault.


18 mars 1915

Exercice à la disposition des commandants de bataillon.
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Gateau ; à Rethondes, compagnie Levasseur.


19 mars 1915

Repos
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie Laurent ; à Rethondes, compagnie Dedieu.


20 mars 1915

Exercice à la disposition des commandants de bataillon.
Deux compagnies (Méjasson, Gateau) du bataillon Legou et la compagnie kratzert du bataillon Bastien exécutent un tir au champ de tir permanent de la garnison de Compiègne.
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Donat ; à Rethondes, compagnie Gianelli.


21 mars 1915

Exercice à la disposition des commandants de bataillon.
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie Bassieux ; à Rethondes, compagnie Levasseur.
La compagnie Imbault ayant eu quelques cas de rougeole est isolée à Francport.


22 mars 1915

Exercice de Régiment
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Cartier ; A Rethondes, compagnie Dedieu.


23 mars 1915

Repos
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie kratzert ; A Rethondes, compagnie Gianelli.


24 mars 1915

Tir pour le bataillon Sciard.
Exercice de bataillon pour les autres.
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Mejasson ; A rethondes, compagnie Levasseur.


25 mars 1915

Exercice à la disposition des commandants de bataillon.
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie Nouvian ; A rethondes, compagnie Dedieu.


26 mars 1915

Repos, sauf pour les trois compagnies Bastien, ( Nouvian, Laurent, Bassieux ) qui exécutent un tir au champ de tir permanent de la garnison de Compiègne.
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Gateau ; A rethondes, compagnie Gianelli.


27 mars 1915

Exercice à la disposition des commandants de bataillon.
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie Laurent ; A rethondes, compagnie Levasseur.


28 mars 1915

Exercice par compagnie.
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Donat ; A rethondes, compagnie Cardon.


29 mars 1915

Exercice de la brigade
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie Bassieux ; A rethondes, compagnie Gianelli.


30 mars 1915

Exercice de la brigade
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Cartier ; A rethondes, compagnie Gianelli.


31 mars 2015

Repos
De jour, à Berneuil, bataillon Bastien, compagnie kratzert ; A rethondes, compagnie Levasseur.
Ordre est donné à la brigade de relever du 2 au 6 avril, la 74ème brigade dans son secteur ( de Bailly au Bois Saint-Mard ). Le régiment doit relever le régiment Le Bouhelec (3ème Zouaves) à droite.


1 avril 1915

A la disposition des commandants de bataillon.
De jour, à Berneuil, bataillon Legou, compagnie Doucet ; A rethondes, compagnie Cardon.

Situation du Cadre Officiers

État-major Régiment

  • Lieutenant-Colonel Mingasson
  • Officier Adjoint : Lieutenant Tisseyre
  • Officier de détails : Lieutenant Cuillier
  • Officier chargé du service téléphonique : Lieutenant de réserve Hacbirlé
  • Officier d’approvisionnement : Sous-Lieutenant Rouhaud
  • Médecin-Major chef de service : M. Pacalin

1er Bataillon : capitaine Sciard

1ère Compagnie

  • Capitaine Imbault
  • Lieutenant Dedieu
  • Sous-Lieutenant de réserve Métivier

2ème Compagnie

  • Capitaine Levasseur
  • Lieutenant De Franclieu
  • Sous-Lieutenant Denis

3ème Compagnie

  • Sous-Lieutenant Cardon
  • Sous-Lieutenant Péchain
  • Sous-Lieutenant de réserve Tarverdet

4ème Compagnie

  • Capitaine Gianelli
  • Lieutenant De Lamotte
  • Sous-Lieutenant Deschamps

2ème Bataillon : Commandant Legou

5ème Compagnie

  • Capitaine Donat
  • Lieutenant Dubois
  • Lieutenant de réserve Drouet
  • Sous-Lieutenant Chiaroni

6ème Compagnie

  • Lieutenant de réserve Cartier
  • Sous-Lieutenant Le Merdy
  • Sous-Lieutenant Berton

7ème Compagnie

  • Capitaine Doucet
  • Sous-Lieutenant Méjasson
  • Sous-Lieutenant de réserve Larnaude

8ème Compagnie

  • Capitaine Gateau
  • Lieutenant de réserve Filippini
  • Sous-Lieutenant Gauthier
  • Sous-Lieutenant Guilhamon

3ème Bataillon : Commandant Bastien

9ème Compagnie

  • Lieutenant Kratzert
  • Lieutenant de réserve De Séroux

10ème Compagnie

  • Capitaine Nouvian
  • Sous-Lieutenant Leroi
  • Sous-Lieutenant de réserve Bay

11ème Compagnie

  • Capitaine Laurent
  • Lieutenant Denis
  • Sous-Lieutenant Llinares

12ème Compagnie

  • Capitaine Bassieux
  • Lieutenant de réserve Azoulay
  • Sous-Lieutenant Thoine

13ème Compagnie de mitrailleuses

  • Capitaine Sousbie
  • Sous-Lieutenant Brissaud

2 avril 1915

Le bataillon Sciard relève entre 4 et 6 heures le bataillon Mondielli au Bois du Quesnoy (ouest de Tracy le Val).
A Berneuil, de jour, bataillon Bastien, compagnie Nouvian.


3 avril 1915

Rien de particulier sur le front du bataillon Sciard.
A Berneuil, de jour, bataillon Legou, compagnie Gateau.


4 avril 1915 midi

Le bataillon Legou relève, entre 4 et 6 heures, le bataillon Charlet à l’est de Tracy le Val.
L’état-major du Régiment relève à 12 heures celui du 3ème Zouaves.


5 avril 12 heures

En exécution des ordres reçus sous pli secret, une fusillade très vive (fusil et mitrailleuse) a été exécutée de nos tranchées de 1ère ligne, en outre, quelques salves de mitrailleuses ont été tirées, ce matin 10 heures, des tranchées de la 2ème position en arrière du front N° 1.

10 bombes Aasen et 15 bombes de 150 ont été lancées au front N° 2, deux abris allemands ont été détruits vers le cimetière.
L’ennemi a riposté assez vivement parle fusil au front N° 1 et à la compagnie de droite dans le bois du front N° 3. Partout ailleurs, calme relatif. La canonnade ennemie a été peu violente.

Pertes : un Zouave blessé très grièvement au front N° 1.


6 avril 1915

En exécution de l’ordre secret reçu le 4 avril dans l’après-midi, nos postes ont dirigé sur l’ennemi des feux nourris (fusil mitrailleuse). Notre artillerie a envoyé entre 13 et 19 heures, 45 obus de gros calibre ; entre 2 et 4 heures 20 coups de 75 ; entre 7 et 8 heures 30, 20 coups de 75. Une mitrailleuse a exécuté des salves nombreuses entre 8 heures et 10 heures sur la 2ème position du front N° 1.

L’ennemi n’a répondu que faiblement, quelques fusées éclairantes au début de la nuit, quelques salves sur le front N° 1 entre 20 et 22 heures, feu plus vif entre 1 et 4 heures, une mitrailleuse à tiré à 9h 15 à l’ouest du Bois de Quesnoy. Le bataillon Bastien a relevé sans incident le bataillon Labrosse (3ème Zouaves) entre 4 heures 30 et 6 heures 15.

Pertes : un zouave blessé au poste Raginet (bataillon Legou, compagnie Doucet).


7 avril 1915

Fusillade habituelle, une mitrailleuse installée sur la croupe en arrière du front N° 1 a tiré des salves nombreuses entre 8 heures 30 et 9 heures 30. L’ennemi n’a répondu que faiblement, sauf au centre du front N° 1 (postes avancés des compagnies Cartier et Donat). Fusées éclairantes assez nombreuses.

A 5 heures 50, la compagnie de gauche du front N° 2 (compagnie Laurent) a jeté 4 pétards à mélinite dans l’entonnoir du 23 février. Il lui a été répondu par trois bombes venant du cimetière de Tracy le Val.

L’artillerie amie a exécuté à 18 heures un tir nourri

  • 15 heures 45 : 18 coups de 105 vers Carlepont
  • 16 heures 25 : 3 coups de 75 vers Carlepont
  • 16 heures 30 à 17 heures : 32 coups de 75 vers Nampcel
  • 18 heures : 39 coups de 75 percutant en majorité sur les tranchées face au centre du front N° 1 (les coups percutants étaient en général trop longs, les coups fusants trop hauts.
  • 8 heures 10, 8 heures 20, 9 heures : 17 coups de 95 sur Nampcel et les tranchées allemandes de Tracy le Val et du Mont des Rosettes.

Aucun bruit de mine n’a été perçu.
Le travail continue aux galeries de contre-mine du front N° 2.

Pertes :

Bataillon Sciard :

  • Tué : Sergent Rougerat (compagnie Levasseur)
  • Blessés :
    • Zouave Laquieze (compagnie Gianelli)
    • Zouave Derbize (compagnie Cardon)

Bataillon Legou :

  • Blessé : Zouave Creinel (compagnie Doucet)

8 avril 1915

Fusillade habituelle chez l’ennemi. Deux bombes ont été lancées sur le front, compagnie Laurent sans causer de dégâts. Les postes d’écoute ne signalent aucun bruit souterrain suspect.

Tir de l’artillerie ennemie : un compte rendu a été envoyé à la 3ème brigade du Maroc.

Tir de l’artillerie amie :

  • 14 heures ; 2 coups sur forêt d’Ourscamp.
  • 15 heures ; 15 coups sur Bois St Mard.
  • 15 heures 30 ; 24 coups sur Carlepont.
  • 15 heures 40 ; 8 coups sur Bois St
  • 7 heures 30 ; 1 coup de 75 percutant sur Tracy le Val.
  • 8 heures ; 2 coups de 75 percutant sur Bois du Quesnoy

Travaux

  1. Le travail continue aux galeries de mines du front N° 2.
  2. Nettoyage et réparation des boyaux et tranchées dégradés par les pluies.
  3. Augmentation des défenses accessoires.
  4. Amélioration aux tranchées en 1ère et 2ème lignes.

Pertes : 2 blessés à la 10ème compagnie (un sérieusement et un autre très légèrement).


9 avril 1915

A 4 heures 15, deux pétards de ménélite ont été lancés par la compagnie Laurent (sud du cimetière de Tracy le Val) dans la direction du petit poste allemand, les résultats n’ont pu être observés.

L’infanterie ennemie montre peu d’activité : au front n° 1 la fusillade a été peu nourrie, sauf au poste avancé de la compagnie Doucet, dont le parapet a été battu par une mitrailleuse. Au front N° 3 (compagnie de droite : trois bombes de 18 heures à 18 heures 30).

Aucun bruit de travail souterrain n’a été perçu. De 7 heures à 10 heures des travailleurs ennemis extrayaient des déblais de couleur grisâtre en arrière du petit poste au nord de l’entonnoir.

L’artillerie française a exécuté les tirs ci-dessous :

  • 17 heures ; 10 coups de 95 sur Carlepont.
  • 17 heures 15 ; 9 coups de 75 sur les tranchées de Tracy le Val.
  • 18 heures ; 18 coups sur tranchées entre Tracy le Val et le Bois St Mard.
  • 18 heures 20 ; 12 coups de 95 sur Carlepont.
  • 19 heures 10 ; 2 coups de 75 sur les tranchées face à la droite du front N° 1.
  • 7 heures 30 ; 22 coups de gros calibre sur Carlepont.

L’artillerie ennemie a bombardé Ollencourt avec du 210 de 14 heures 30 à 15 heures.

Pertes :

Bataillon Legou :

  • Sous-Lieutenant Le Merdy blessé légèrement.
  • Un Zouave blessé très grièvement.

Bataillon Bastien :

  • Deux Zouaves blessés, dont un grièvement.

Bataillon Sciard :

Néant


10 avril 1915 :

L’infanterie ennemie a tiré un peu plus que les jours précédents. La fusillade a été nourrie vers 0 heure aux tranchées avancées Legou, coups de fusil nombreux également au front N° 2. A 23 heures 30 et 1 heure 30, deux bombes ont été lancées sur la 1ère ligne du front N° 2, vers 9 heures, douze bombes sur la 1ère ligne de la 73ème brigade, immédiatement à notre droite.

Aucun bruit de travail souterrain n’a été perçu.

Canonnade de l’artillerie amie entre 21 heures et 23 heures.

  • A 16 heures ; 26 coups de 75 dans la direction du nord, 14 coups de 155 sur Carlepont.
  • De 21 à 23 heures ; 30 coups de 95 et de 105 sur Carlepont.
  • De 7 heures à 10 heures ; 8 coups de 75 vers le nord.
  • A 10 heures 45 ; 4 coups de 105 vers le nord.
    Au total, 82 coups de canon.

Artillerie ennemie, voir l’état ci-joint (envoyé à la brigade).
Au total 185 coups de canon, activité supérieure à celle des jours précédents.

Pertes : un Zouave tué au bataillon Bastien, compagnie Bassieux.


11 avril 1915

A 20 heures, une patrouille de la compagnie Cardon est allée reconnaître la lisière nord-ouest du bois de Quesnoy : à 100 mètres en avant de nos lignes, le terrain est coupé de trois fossés successifs où nos défenses gagneront à être renforcées. La patrouille a observé à 50 mètres environ, des travailleurs ennemis occupés à placer du fil de fer, elle s’est repliée sans incident. Un feu sur les travailleurs a été aussitôt ouvert de notre première ligne.

La fusillade a été assez vive de 20 à 22 heures aux fronts N° 1 et N° 2. De forts travaux de débitage de bois ont été perçus ont été perçus devant la compagnie Imbault de 3 à 7 heures.

Aucun bruit souterrain n’a été perçu.

Notre artillerie a tiré, dans la journée, 87 obus dans le sous-secteur.

  • A 12 heures 30 ; 4 coups de 75 de Nervaise sur le champ du Merlier.
  • A 14 heures ; 8 coups de 75 de Nervaise sur le champ du Merlier.
  • A 14 heures 30 ; 10 coups de 75 du Bois St Mard sur le champ du Merlier.
  • A 15 heures ; 14 coups de 75 du Bois St Mard sur Carlepont.
  • A 15 heures 15 ; 6 coups de 75 de Nervaise sur le champ du Merlier.
  • A 15 heures 50 ; 18 coups de 95 d’Offémont sur le champ du Merlier.
  • A 16 heures 30 ; 6 coups de 105 d’Ollencourt sur Noyon.
  • A 18 heures 30 ; 10 coups de 105 d’Ollencourt sur Noyon.
  • A 5 heures 30 ; 10 coups de 75 des Carrières sur Carlepont.
  • A 10 heures ; 5 coups de 105 d’Ollencourt sur le Bois de Carlepont.

L’artillerie ennemie a tiré 211 coups de canon dans le sous-secteur. Un avion français en arrière de nos lignes a été vigoureusement bombardé.

Pertes : Bataillon Sciard, compagnie Imbault, un Zouave tué.


12 avril 2015

A 20 heures 30, une patrouille du bataillon Sciard (compagnie Cardon) s’est portée à 125 mètres en avant de la ligne. Elle n’a rien distingué d’anormal, rentrée sans incident à 21 heures 45. Entre 15 et 16 heures, le mortier lisse de 15cm a lancé 12 bombes sur le cimetière de Tracy le Val, 4 ont paru bien porter. L’ennemi a aussitôt canonné notre1 ère ligne avec du 150.

Tiraillerie assez forte devant Tracy le Val entre 22 heures et 2 heures devant le front N° 1 (compagnie Doucet). Trois sonneries analogues à notre cessez le feu sont parties des lignes ennemies à 21 heures, 22 heures et 2 heures. Devant la droite du front N° 2, un coup de corne ennemie a été entendu à 2 heures 30. Devant la gauche du front N° 1, l’ennemi a basculé quelques hérissons.

Pas de bruit de travail souterrain.

Artillerie amie : au total 46 coups.

  • 17 heures 35 : 10 coups de 105 venant d’Ollencourt sur Carlepont.
  • 18 heures : 8 coups de 105 venant d’Ollencourt sur Carlepont.
  • 19 heures 15 : 10 coups de 105 venant d’Ollencourt sur Caisnes.
  • 19 heures 45 : 6 coups de 75 venant de Tracy le Mont sur Bois Saint Mard.
  • 20 heures : 4 coups de 105 venant d’Ollencourt sur Caisnes.
  • 20 heures 15 : 2 coups de 75 venant de Tracy le Mont sur Carlepont.

Artillerie ennemie : état envoyé à la 3ème brigade du Maroc.

Canonnade violente vers Quennevières à 18 heures, très peu active dans le sous-secteur.

Pertes :

Bataillon Legou, compagnie Doucet : 1 Zouave tué, un Zouave blessé.
Bataillon Bastien, compagnie Nouvian : 1 Zouave blessé.


13 avril 1915

La journée et la nuit ont été calmes dans le sous-secteur, sauf au centre du front N° 1, où le poste avancé de la compagnie Doucet a essuyé une fusillade nourrie. Quelques fusées au Bois de Quesnoy.

Entre 17 heures 45 et 18 heures, une vingtaine de projectiles de 15centimètres ont été lancés sur le cimetière de Tracy le Val et les tranchées avoisinantes : les coups ont paru bien porter. L’ennemi a riposté par 3 coups de 150 sur les tranchées de 1ère ligne de la compagnie Laurent (18 heures), par quatre bombes sur la compagnie Imbault (18 heures 30).

A 0 heure, une patrouille du bataillon Sciard (compagnie cardon) est allée reconnaître le saillant nord-ouest du Bois de Quesnoy : elle n’a rien remarqué d’anormal. A 8 heures 45, un ennemi a cherché à entrer en pourparlers avec un poste du bataillon Sciard, compagnie cardon, lisière ouest du Bois de Quesnoy : il lui a été répondu à coups de fusil (ci-joint compte-rendu du commandant de compagnie).

Un avion allemand, venant du sud, a franchi nos lignes à 14 heures 30 vers le saillant est du Bois St Mard, allant vers le nord nord-est. Deux avions français et un avion allemand ont évolué hier à 18 heures 30. Un avion français est parti vers le nord à 7 heures 45.

Aucun bruit souterrain n’a été perçu

Notre artillerie a tiré environ 35 coups de 75 dans le sous-secteur.

  • 14 heures 25 : 13 coups de 75 sur Bois Saint-Mard
  • 15 heures 50 : 4 coups………………
  • 16 heures : 8 coups…………………..
  • 16 heures 50 : 8 coups………………
  • 18 heures 35 : 1 coup………………..
  • 6 heures 30 : 2 coups………………..

Artillerie ennemie : état envoyé à la 3ème brigade du Maroc.

Activité réduite.
Pertes : Bataillon Legou, compagnie Doucet; un Zouave tué, un Zouave blessé.


14 avril 1915

Fin de la journée calme.  Entre 1 heure et 3 heures, tiraillerie assez intense contre la tranchée occupée par la compagnie gateau (8). Fusillade assez vive sur le reste du front. Nombreuses fusées.

Dans un abri de la 11ème compagnie situé en arrière de la 1ère ligne du Bois de Quesnoy et près du centre il a été perçu des bruits paraissant venir de la droite, direction du point D (écoute à ciel ouvert). Pour préciser la direction et la nature de ces bruits, des écoutes dans des abris de bombardement ont été organisés

Sur le front 1, de divers rapports fournis par les chefs des petits postes, les allemands paraissent avoir une mitrailleuse en A, (celle-ci ne tire pas sur nos tranchées lui faisant face, mais sur le petit poste occupé par des éléments de la compagnie Doucet (7ème compagnie).

Améliorations et sécurité des communications avec les petits postes. Réfection des tranchées de tir. Confection de chevaux de frise. Pose de cadres et approfondissement des puits d’écoute.

Tir de l’artillerie Française :

  • 16 heures 35 : 3 coups de 105 sur Carlepont
  • 16 heures 40 : 3 coups de 105 sur Caisnes
  • 16 heures 40 : 9 coups de 75 sur Carlepont
  • 17 heures 10 : 4 coups de 105 sur Carlepont

Pertes : Bataillon Bastien, 1 sergent blessé (12ème compagnie); 1 Zouave tué (11ème compagnie)


15 avril 1915

Fusillade habituelle devant le centre du front N° 1, plus intense à Tracy le Val, et au bois du Quesnoy.
Au bataillon Bastien, 2 pétards de mélinite ont été lancés à 21 heures 30 dans l’entonnoir du cimetière, 4 bombes de 15 à 23 heures sur le cimetière, 4 bombes à 3 heures. Fusées éclairantes à la gauche du front N° 1 et au front N°3.
Roulements de voitures sur la route Bailly – Carlepont, au nord du bois de la Carbonnerie vers 7 heures 30.
Pas de bruit de travail souterrain.

Artillerie amie, en tout 68 coups.

  • 14 heures 40 : 3 coups de 105 d’Ollencourt sur Carlepont.
  • 14 heures 50 : 8 coups de 95 percutant d’Ollencourt sur tranchée ennemie.
  • 15 heures 10 : 15 coups de 95 de Tracy le Mont sur les tranchées ennemies.
  • 15 heures 25 : 4 coups de 75 d’Ollencourt sur Carlepont.
  • 15 heures 30 : 6 coups de 95 de Tracy le Mont sur Carlepont.
  • 16 heures 20 : 24 coups de 105 d’Ollencourt sur Carlepont.
  • 7 heures 55 : 4 coups de 75 sur la 1ère ligne ennemie.
  • 8 heures 5 : 1 coup de 95 percutant sur la 1ère ligne ennemie.

Artillerie ennemie : en tout 122 coups.
Pertes : néant.


16 avril 1915

En exécution de l’ordre secret N° 200/S du 14 avril du général commandant la 37ème division, la 3ème brigade du Maroc retirée du front et remplacée par la 74ème brigade.
Le 1er régiment mixte de Zouaves-Tirailleurs a été relevé par le 3ème Tirailleurs dans la nuit du 14 au 15. Le 9ème Zouaves doit être relevé par le 3ème Zouaves dans la nuit du 15 au 16, il doit aussitôt gagner Compiègne.
A 19 heures 30, le bataillon Legou est relevé par le bataillon Charlet, le bataillon Sciard à 20 heures 30, par le bataillon Mondielli, le bataillon Bastien à 21 heures 30, par le bataillon Labrosse.
Le commandant Charlet xxxxxx  xxxxxx le 3ème Zouaves, prend à 20 heures 30 le commandement du sous-secteur, relève sans incident.

Chaque bataillon gagne directement Compiègne, où il s’installe au cantonnement : caserne Jeanne-d’Arc et quartier Bourcier, 11 compagnies : (1, 2, 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, ). quartier de Choisy au Bac, 2 compagnies (5, 6).
A 2 heures 30, le régiment au complet est en place.
Le TR quitte Vivier-Frère-Robert pour Compiègne le 16 à 4 heures.
De jour, jusqu’au 16 avril, 9 heures : bataillon Sciard (compagnie Gianelli).
De jour, jusqu’au 16 avril, 9 heures : bataillon Legou (compagnie Gateau).

Pertes : bataillon Bastien; un Zouave blessé à Tracy le Val.


17 avril 1915 – 12 heures

L’ordre secret N° 22/3 du 15 avril, du général commandant la VI armée, prescrit l’embarquement de la brigade à la gare de Compiègne le 17 avril par quatre trains entre 6 heures et 12 heures. L’état-major de la brigade part à 12 heures. Le 1er mixte entre 14 heures et 20 heures.

L’ordre secret N° 362 S/3 du 16 avril, du général commandant la 3ème brigade du Maroc fixe les conditions de l’embarquement.

L’état-major du régiment et le bataillon Legou partent à 8 heures 20. Le bataillon Bastien à 10 heures 20, le bataillon Sciard à 12 heures 20, la compagnie de mitrailleuses à 14 heures 20, le TR est réparti dans la mesure des disponibilités sur les quatre premiers trains.


18 avril 1915 – 12 heures

Par Estrées Saint Denis, Montdidier, Amiens, Abbeville, Etaples, Montreuil, le régiment gagne la gare d’Anvin (9 kilomètres nord-ouest) de Saint Pol où il débarque.

  • État-major et bataillon Legou à 18 heures 45.
  • Bataillon Bastien à 20 heures 45.
  • Bataillon Sciard à 22 heures 45.
  • Compagnie de mitrailleuses à 0 heure 45.

A Anvin, nous apprenons officieusement que la brigade est incorporée dans la 153ème division (général Deligny) de nouvelle formation.

Le régiment dispose comme cantonnement, des communes de Wavrans et Fleury. L’état-major de la brigade cantonne à Wavrans.

  • L’état-major du régiment : Wavrans où il arrive à 20 heures 30.
  • Bataillon Legou : Fleury où il arrive à 21 heures.
  • Bataillon Bastien : Wavrans où il arrive à 23 heures 15.
  • Bataillon Sciard : Wavrans où il arrive à 1 heure 40.
  • T.R. : Wavrans où il arrive au complet à 1 heure 45.
  • 13 compagnie (de mitrailleuses) : Fleury où il arrive à 14 heures 30.

Les cantonnements étant notoirement insuffisants, le village d’Hernicourt, avec ses écarts de Sautricourt et Saint-Martin-Clause est mis à la disposition du régiment.


19 avril 1915 – 12 heures

Nouveaux cantonnements du régiment :

  • État-major du régiment : Hernicourt.
  • Bataillon Sciard : écarts de Sautricourt et Saint-Martin, commune de Hernicourt.
  • Bataillon Legou : Fleury.
  • Bataillon Bastien : Wavrans église, Hernicourt.
  • 13 compagnies de mitrailleuses : Wavrans nord.
  • T.R. Wavrans nord.

L’état-major de la brigade reste à Wavrans.
L’après midi du 18 est consacré à des travaux d’installation, la matinée du 19 à des travaux de propreté.


20 avril 1915 – 12 heures

Ordre de bataille de la 153ème division

Quartier général – cantonnement Anvin

  • État-major.
  • Services de l’intendance et des subsistances.
  • Service de santé.
  • Force oublique.
  • Justice militaire.
  • Détachement de télégraphistes.

Troupes :

Cavalerie :

  • 9ème escadron du 21ème chasseurs, cantonnement à Blangy.
  • 8ème escadron du 8ème chasseurs, cantonnement à Blangy.
  • Peloton cycliste du 21 chasseurs, cantonnement à Blangy.

Infanterie :

3ème brigade Marocaine :

  • Etat-major, cantonnement à Wavrans.
  • 9ème régiment de Zouaves, cantonnement à Wavrans, Feury.
  • 1er régiment mixte de Tirailleurs et de Zouaves, cantonnement à Pierremont, Bernicourt.

II Troupes :

Infanterie :

306ème brigade

  • État-major, cantonnement à Anvin.
  • 2ème bataillon de chasseurs, cantonnement à Humeroeuille.
  • 4ème bataillon de chasseurs, cantonnement à Eclimeux.
  • 418ème régiment d’infanterie, cantonnement à Teneur.

Génie : compagnie 9/7 du 6ème génie, cantonnement à Anvin (Mazinghem)
Artillerie : (1)
Parc d’artillerie : S.M.I N° 41, cantonnement à Blingel.
Parc du génie : compagnie de parc du 6ème génie N°9/25, cantonnement à Blingel.

III Service de santé :

  • Un groupe de brancardiers et 1 ambulance, cantonnement à Incourt.
  • 3 ambulances, cantonnement à Incourt.
  • 2 sections hospitalières, cantonnement à Blangy sur Ternoise.

(1) : S.A.D 153ème n’ayant pas encore été rattachée définitivement à la division ne figure pas sur l’ordre de bataille.

La matinée du 20 est consacrée à un exercice de compagnie (le combat offensif).


21 avril 1915 – 12 heures

Le 20 au soir, travaux de propreté; le 21 au matin, exercice par compagnie (le combat offensif).


22 avril 1915 – 12 heures

Le 21 au soir, travaux de propreté; le 22 au matin, exercice de bataillon (marche d’entrainement de 18 kilomètres).
L’emploi du 23 est fixé comme suit : matin, travaux de propreté, revues; soir, repos.


23 avril 1915 – 12 heures

Le 23 à 7 heures, un message téléphonique de la brigade prescrit au régiment de se tenir prêt à partir pour 9 heures.

A 10 heures 45, le lieutenant-colonel reçoit l’ordre de la brigade daté de 10 heures 20 : le 9ème Zouaves doit s’embarquer avec l’E.M. de la brigade à la gare de Saint-Pol pour une destination inconnue. Le 1er mixte est enlevé dès 11 heures par deux convois automobiles; 1ère destination Steenvoorde (10 kilomètres au nord de Hazebrouck). L’ordre de 10 heures 55 précise les heures de départ des cantonnements.


24 avril 1915 – 12 heures

Le régiment quitte ses cantonnements dans l’ordre suivant (ordre N°3 du 23 avril, 11 heures) :

  • Bataillon Bastien à 11 heures 55, (heure du passage au carrefour 400 mètres S.O. de l’église d’Hernicourt).
  • État-major du régiment à 13 heures.
  • Bataillon Sciard à 13 heures 15, (heure du passage à l’église de Wavrans), suivi de la compagnie de mitrailleuses et du T.R. (section de distribution et section de réserve. La section de ravitaillement est restée à Anvin d’où elle suivra directement le régiment.
  • Bataillon Legou quitte Wavrans, (heure de passage à l’église à 15 heures 15).
  • Un premier train enlève à 15 heures le bataillon Bastien, l’état-major de la brigade et une partie du T.R.
  • A 17 heures, part un deuxième train : état-major du régiment, bataillon Sciard, la plus grande partie de la compagnie de mitrailleuses, une partie du T.R.
  • Enfin, à 19 heures, le troisième train enlève le bataillon Legou avec le reste de la compagnie de mitrailleuses et du T.R.

Par Pernes, Lapugnoy, Fouquereuil, Hazebrouck, le régiment gagne la Belgique. Il débarque à Poperinge (12 kilomètres ouest d’Ypres). A 19 heures, 21 heures, 23 heures; il reçoit l’ordre de cantonner avec avec l’état-major de la brigade à Westvleteren (9 kilomètres au nord de Poperinge).

La bataille fait rage à quelques douze kilomètres vers l’est; nous apprenons que les Allemands, faisant un large emploi des gaz asphyxiants, ont enlevé notre ligne de Langemark, Bikschote, et franchi le canal de l’Yser à Steenstraete et Het-Sas; un grand nombre d’hommes a été asphyxié, des canons perdus. Une contre attaque, exécutée par la 45ème division a pu regagner en partie du terrain perdu.

Le bataillon Bastien arrive à 22 heures 30 à Westvleteren, l’état-major du régiment à 0 heure, le bataillon Sciard et la compagnie de mitrailleuses à 0 heure 30, le bataillon Bastien prend le service de jour.

Le bataillon Sciard vient à peine de prendre ses cantonnements lorsque le lieutenant-colonel reçoit l’ordre d’opération du détachement d’armée de Belgique suivi de l’ordre N°3 de 2 heures 30 de la brigade.

A 3 heures 45, la tête du régiment passe à la sortie est de Westvleteren.
Ordre de marche : Bastien, compagnie de mitrailleuses, Sciard, Legou.
Par Oostvleteren, Kruipaoom, deu Stieu Cabaret, de Nippe Cabaret, et le poteau indicateur 16, le régiment gagne la ferme de l’hôpital ( 2300 mètres SO d’Elverdinge ) où il est en réserve d’armée.

Formation largement articulée à droite vers la grande ferme, 600 mètres SO de la ferme de l’hôpital.
Bataillon Bastien, à gauche dans le bois de Puite seule Cabaret.
Bataillon Sciard, derrière le centre, dans le même bois.
Bataillon Legou, compagnie de mitrailleuses entre le bataillon Sciard et le bataillon Legou.
T.C. sur la route de Poperinge.
Le TC2 a gagné directement Poperinge.

La matinée s’écoule sans incident, au nord-est, la bataille est engagée, des éclatements nombreux sur Elverdinge et Woesten, nous voyons passer des troupes anglaises et des troupes belges.

Nous apprenons qu’au cours d’un combat de nuit, l’ennemi s’est emparé de Lizerne; il a établi au sud de l’écluse d’Het -Sas, une tête de pont qu’il organise activement.


25 avril 1915 – 12 heures

A 16 heures 35, le lieutenant-colonel reçoit l’ordre particulier N° 3 du 24 avril 16 heures 10 du général commandant la 45ème division lui prescrivant de gagner Woesten. Dès 16 heures 50, le régiment se met en marche dans l’ordre :

Bataillon Bastien, bataillon Sciard, compagnie de mitrailleuses, bataillon Legou, T.C.1 des trois bataillons groupés.
Précédant le régiment, le lieutenant-colonel se présente à 17 heures 20 à Ondank Cabaret au PC du général Roy, commandant la 87ème division territoriale. Il arrête le régiment en formation articulée au sud-ouest de Ondank Cabaret et part prendre les ordres du colonel D’escrienne (173ème brigade d’infanterie ) chargé de l’attaque sur Het-Sas; PC fermes 900 mètres S-SE de Zuydschoote . Sur ordre du colonel D’escrienne, l’attaque n’aura pas lieu dans la nuit. La nuit sera consacrée à une reconnaissance complète du terrain en vue de l’attaque du lendemain.

Ordres donnés pour la nuit :

Bataillon  Bastien : chargé de l’attaque, construira des tranchées en arrière de celles du bataillon Delacommune (voir croquis) de manière à être abrité des vues et des coups au jour. Pour faciliter l’attaque, il est convenu que, avant le jour, le bataillon prendra place dans les tranchées du bataillon Delacommune, le bataillon Delacommune occupant celles construites dans la nuit.

Bataillon Sciard : à l’ouest de la route, se retranche derrière les positions occupées par le bataillon Cazenaud du 76ème territorial.

Bataillon Legou : à la disposition du colonel d’Escrienne, face à Lizerne, entre le moulin de Zuydschoote et la ferme 300 mètres S.E.

Compagnie de mitrailleuses :

  • 2 sections avec le capitaine à la disposition du commandant Bastien.
  • 1 section à la disposition du capitaine Sciard.
  • 1 section à la disposition du commandant Legou.

Le lieutenant colonel et les 3 chefs de bataillon consacrent à une reconnaissance de terrain le première partie de la nuit. Sous de violentes rafales d’artillerie, le régiment gagne ses emplacements et se retranche.

  • Le bataillon Legou arrive à 0 heure.
  • Le bataillon Sciard arrive à 1 heure 30.
  • Le bataillon Bastien arrive à 2 heures 30.

A 0 heure 30, le lieutenant colonel installe son PC à la ferme 700 mètres S. de l’église de Zuydschoote. Appelé à la brigade, il reçoit communication à 2 heures 10, de l’ordre N° 1 de 1 heure 45. L’attaque de Het-Sas est ordonnée pour 3 heures 30. Par une nuit noire et orageuse, le lieutenant-colonel a à peine le temps d’aller porter l’ordre au commandant Bastien. A 3 heures 40, le commandant Bastien occupe ses emplacements de combat :

  • une compagnie (9ème) à droite, perpendiculairement au canal,
  • puis la 10ème faisant avec la 9ème un angle de 140 degrés environ,
  • parallèlement à la route 2 compagnies : 11ème et 12ème.

L’ordre d’attaque parvient aux compagnies à 3 heures 45, la préparation d’artillerie est terminée depuis déjà 10 minutes.

L’attaque est déclenchée à 4 heures avec un entrain remarquable; simultanément, les 4 compagnies, au signal du chef de bataillon, sortent de leurs tranchées et courent aux tranchées ennemies. Prises aussitôt d’enfilade par des mitrailleuses installées sur la berge ouest du canal, elles sont décimées en quelques secondes. Tout le terrain séparant les tranchées adverses est jonché de morts et de blessés. Cependant, le brave bataillon continue sa marche héroïque. A 50 mètres des tranchées ennemies, une nouvelle mitrailleuse se démasque : le chef de bataillon, 3 capitaines sont tués, un quart de l’effectif est hors de combat. Un moment d’hésitation se produit, les survivants refluent vers leur tranchée poursuivis par les salves des fusils et des mitrailleuses. L’attaque a échoué.

  • Le commandant Bastien, les capitaines Nouvian, Laurent, Bassieux, le lieutenant de Séroux : tués,
  • le lieutenant Denis : blessé,
  • 320 hommes hors de combat,

Tel était le bilan de cette malheureuse opération. Quelques 60 hommes (blessés légèrement ou indemnes) qui avaient eu la présence d’esprit de s’abriter dans des trous d’obus, purent regagner leur unité à la nuit. L’échec de l’attaque était dû à plusieurs causes :

  • Préparation de l’artillerie insuffisante : le groupe chargé de la préparation, arrivé tard dans la nuit, n’avait eu ni les temps, ni les moyens d’exécuter son réglage.
  • Reconnaissance de terrain insuffisante : le bataillon arrivé à 2 heures 30, attaquait à 4 heures; en raison de l’obscurité de la nuit, toute reconnaissance de terrain était impossible. D’autre part, les renseignements recueillis auprès des prédécesseurs étaient pour la plupart inexacts : on avait conseillé aux fractions d’attaquer en se coulant le long de la berge gauche du canal, mais cette berge était très fortement tenue par des fusils et des mitrailleuses ennemis qui prirent d’enfilade toute la ligne.
  • Ordre reçu trop tard : le commandant Bastien recevant l’ordre d’attaquer à 3 heures 10, ne put profiter de la préparation d’artillerie (3 heures 30), et n’eut pas le temps de se concerter avec ses commandants de compagnie.

En raison de ces trois erreurs initiales, l’attaque était virtuellement vouée à l’insuccès. On ne peut qu’admirer l’entrain avec lequel le bataillon Bastien s’élançait pour cette mission qu’il savait si difficile.

Après l’attaque, le commandement du bataillon échoit au Capitaine Prévotat; la matinée est consacrée à des travaux d’amélioration des tranchées; violent bombardement par l’artillerie lourde ennemie.


26 avril 1915 – 12 heures

A la suite de l’attaque du 25 avril, le cadre officiers du régiment est réorganisé comme suit :

État-major du régiment : sans changement

1er bataillon : capitaine Sciard

  • 1ère compagnie : capitaine Imbault
    • Sous-lieutenant Métivier
  • 2ème compagnie : capitaine Levasseur
    • Lieutenant De Franchien
    • Sous-lieutenant Denis
  • 3ème compagnie : sous-lieutenant Courdon
    • Sous-lieutenant Péchain
    • Sous-lieutenant Taverdet
  • 4ème compagnie : capitaine Gianelli
    • Lieutenant De Lamotte
    • Sous-lieutenant Deschamps

2ème bataillon : commandant Legou

  • 5ème compagnie : capitaine Donat
    • lieutenant Drouet
    • Sous-lieutenant Chiaroni
  • 6ème compagnie : capitaine Ebener
    • Sous-lieutenant Berton
  • 7ème compagnie : capitaine Doucet
    • Sous-lieutenant Méjasson
    • Sous-lieutenant Larnaude
  • 8ème compagnie : capitaine Gateau
    • Lieutenant Filippini
    • Sous-lieutenant Gauthier

3ème bataillon : capitaine Prévotat

  • 9ème compagnie : lieutenant Kratzert
    • Sous-lieutenant Deschamps
  • 10ème compagnie : lieutenant Dedieu
    • Sous-lieutenant Leroi
    • Sous-lieutenant Bay
  • 11ème compagnie : lieutenant Cartier
    • Sous-lieutenant Linares
  • 12ème compagnie : lieutenant Dubois
    • Lieutenant de réserve Azoulay
    • Sous-lieutenant Thoine
  • 13ème compagnie : capitaine Lousbie
    • Sous-lieutenant Brissaud

Pendant toute la journée, canonnade de tous calibres sur nos tranchées Prévotat, Sciard, Legon : pertes assez sensibles.

Prévotat, Sciard

Un certain nombre d’hommes du bataillon Prévotat, indemnes ou blessés, qui s’étaient réfugiés dans des trous d’obus ou blottis dans le cours de l’Yperlée à la suite de l’attaque du 25 matin regagnent leurs tranchées à la faveur de la nuit. Le bataillon Prévotat quittant ses tranchées à partir de 20 heures, va cantonner au S.O. de Woesten, à Ondank Cabaret et de Wippe Cabaret.

A 19 heures, le lieutenant-colonel porte son poste de commandement dans une ferme, 1200 mètres S.O. d’Het-Sas.
L’ordre N° 4 du 25 avril 21 heures 30 du général commandant la 3ème brigade du Maroc prescrit une nouvelle attaque d’Het-Sas le lendemain 27 à 16 heures. Le bataillon Sciard est chargé de l’attaque. Tous les détails en avaient été étudiés sur le terrain même dans la soirée du 25 par le lieutenant-colonel et le capitaine Sciard.

Pendant la nuit du 25 au 26, canonnade violente sur nos tranchées de la route Lizerne, Boesinghe (gros calibre), fusillade assez vive à gauche vers Lizerne.

La position allemande à enlever se compose :

  • D’une ligne de tranchées longue de 500 mètres environ creusée dans la berge du canal qui domine la plaine de quelques mètres, et qui est bordée par l’Yperlée , ruisseau de 1 mètre de profondeur et de 3 mètres de large.
  • A 150 mètres en avant de l’écluse d’Het-Sas, une tranchée, la tête de pont proprement dite, en forme d’ellipse de 200 mètres de long. Le tout paraît fortement occupé. Les deux compagnies d’attaque, 2ème Levasseur, 4ème Gianelli sont placées dans les éléments de tranchée les plus avancés; les 1ère Imbault et 3ème Cardon, doivent se tenir prêtes à les appuyer en allant, dès leur départ, occuper les tranchées qu’elles auront évacuées.

La matinée du 26 est consacrée au réglage du tir de l’artillerie. L’attaque décidée pour 13 heures, est reportée d’abord à 14 heures, puis à 15 heures.


27 avril 1915 – 12 heures

A 14 heures 30, le groupe d’artillerie appelé pour remplacer le groupe Perrin (envoyé sur un autre point) ouvre le feu; à 14 heures 50 le réglage est terminé et le tir d’efficacité commence : les coups encadrent l’objectif, bouleversant les tranchées ennemies.

A 15 heures, le capitaine Levasseur part d’un seul bond avec sa compagnie, sans un cri, la baïonnette haute, avant même que la préparation ne soit terminée, il franchit les 150 mètres qui le séparent de le tranchée ennemie. Les derniers coups de canon cessent à peine que la 2ème compagnie est dans la tranchée allemande, dont les défenseurs terrifiés sont encore blottis contre le parapet. Tout homme qui tente une défense est passé à la baïonnette : le lieutenant De Franchieu tue sur sa pièce un officier mitrailleur et, pénétrant à la tête de sa section dans l’ouvrage, s’empare de deux autres mitrailleuses, il refoule vers la droite un troupeau implorant qui demande à se rendre et dont le désarmement commence aussitôt. Le capitaine Levasseur est tué d’une balle à la poitrine pendant qu’il organise la position conquise.

Mais déjà, la 4ème compagnie, 2ème vague d’attaque que conduit vaillamment le capitaine Gianelli, a dépassé la 2ème compagnie dont elle entraine une fraction à sa suite, sous le commandement du sous-lieutenant Denis; les Zouaves se jettent dans le ruisseau de l’Yperlée, avec de l’eau jusqu’à la ceinture et escaladent la pente escarpée pour gagner la berge du canal. A ce moment, une partie des prisonniers déjà faits que l’on n’a pu encore désarmer, ouvrent le feu dans le dos de la 4ème compagnie qui subit des pertes sérieuses. Ces prisonniers sont aussitôt passés à la baïonnette. La 4ème compagnie n’a rencontré, dans la tranchée le long du canal, qu’une résistance très courte, mais le capitaine Gianelli qui n’a cessé d’encourager ses hommes avec un bel enthousiasme est tué d’une balle au cœur au moment où il parcourt sa ligne pour vérifier le placement de ses différentes fractions.

Déjà des drapeaux blancs se dressent ça et là, c’est l’instant propice pour exploiter l’effet de surprise et faire tomber la dernière tranchée tenue par l’ennemi sur le bord du canal.

A droite, deux sections de la 3ème compagnie entrainées par le sous-lieutenant Cardon, à gauche deux sections de la 1ère compagnie avec le capitaine Imbault, gagnent rapidement les extrémités de la tranchée encore aux mains de l’ennemi , traversent le ruisseau sous son  feu et courent l’une au devant de l’autre en chassant ou clouant sur place à la baïonnette les groupes de défenseurs, quelques uns sautent dans le canal et se noient. 3 sections de mitrailleuses, avec le capitaine, couronnent la position.

Malheureusement, l’ennemi n’a cessé pendant cette période de combat de balayer avec une mitrailleuse postée au Nord de l’écluse, le revers de la position conquise et, la encore, nous subissons des pertes sensibles : le sous-lieutenant Péchain de la 3ème compagnie est tué.

A 17 heures, tout est terminé, la position organisée, 120 prisonniers, dont trois officiers, 5 mitrailleuses, un lance bombes, un atelier téléphonique, un important matériel restent entre nos mains. Cinq à six cents cadavres recouvrent certains endroits le fond des tranchées sur plusieurs rangs. Nos pertes sont de 25 tués, dont 3 officiers (capitaine Levasseur, capitaine Gianelli, sous-lieutenant  Péchin et 216 blessés dont 3 officiers (capitaine Imbault, lieutenant De Franchieu, lieutenant De Lamotte).

A la nuit tombante, le capitaine commandant le bataillon craignant une contre attaque de nuit, bouche en tout hâte, avec tout ce qu’il peut réunir de fractions disponibles, la trouée existant entre la gauche de la nouvelle ligne et la route de Dixmude.

Violent bombardement de 210 entre 19 et 20 heures. Pendant toute l’opération menée par le bataillon Sciard, la canonnade a été vive sur tout le front : au bataillon Legou, le commandant a été blessé légèrement, il conserve son commandement, les capitaines Doucet et Gateau sont blessés peu grièvement mais évacués.

Deux compagnies du bataillon Legou (5ème Donat, 6ème Ebener), envoyées en soutien du bataillon Sciard, lui parviennent à 20 heures.

Les prisonniers faits par le bataillon Sciard appartiennent à différents régiments de la 46ème division (23ème corps de réserve) : 213ème, 214ème, 215ème d’infanterie, 18ème bataillon de chasseurs, en un mélange inexprimable.

L’ordre de 0 heures 10 fixe les travaux à exécuter pour relier :

  • La droite du bataillon Sciard aux territoriaux par la berge du canal.
  • La gauche de ce bataillon à la route Lizerne – Boesinghe.

A 3 heures, la 4ème compagnie qui a perdu tous ses officiers est relevée par une compagnie du bataillon Legou (Mejasson 7ème); elle va cantonner à Ondank Cabaret.

Au jour, la situation est la suivante :

  • Secteur est (capitaine Sciard), 2 compagnies (Cardon, Métivier) et 2 sections de mitrailleuses avec le capitaine.
  • Secteur nord (commandant Legou), 3 compagnies (Méjasson, Ebener, Donat), 2 sections de mitrailleuses, une compagnie en réserve : Denis.

28 avril 1915 – 12 heures

L’ordre général N° 10 du 27 avril 11 heures 50 prescrit de continuer les attaques sur Steenstraat, Het-Sas. Le général Codet déclenchera le mouvement offensif par sa gauche. Objectif : Steenstraat; simultanément la droite du général,Codet et la gauche du général Cherrier (268ème) se porteront à l’attaque. Le colonel Mingasson appuiera l’attaque en protégeant son flanc droit et en se reliant constamment à la droite du colonel Mariani.

L’ordre N° 6 D de 13 heures 45 fixe les conditions d’exécution pour le groupe.

A 13 heures, le sous-lieutenant Méjasson est blessé d’une balle à la tête au moment ou, observant par dessus le parapet de la tranchée, il cherchait à déterminer le tracé des tranchées ennemies. Le commandement de la 7ème compagnie échoit au sous-lieutenant de réserve Larnaude. A 14 heures 10, une fraction de cette compagnie qui cherche à gagner la maison de l’éclusier est prise sous le feu des mitrailleuses ennemies dès sa sortie de la tranchée; le sous-lieutenant Larnaude est blessé, un certain nombre d’hommes mis hors de combat. Le commandant Legou confie au sous-lieutenant Chiaroni le commandement de la 7ème compagnie.

Le tir de l’artillerie sur les tranchées d’Het-Sas paraît peu efficace, des coups de feu nombreux partent des maisons et des tranchées voisines. A 15 heures 30, le capitaine Donat est blessé d’une balle à l’épaule; le commandement de la 5ème compagnie passe au lieutenant Drouet. Le sous-lieutenant Brissaud, de la 13ème compagnie est blessé au pied d’un éclat d’obus.

L’attaque du 268ème part à 16 heures, mais accueillie par un feu très vif dès sa sortie des tranchées, elle se terre à quelques mètres en avant. De ce fait, l’attaque du bataillon Legou ne peut-être déclenchée.

La 8ème compagnie, envoyée en renfort du bataillon Legou au reçu de l’ordre d’attaque, est prise de bonne heure sous de violentes rafales d’artillerie, et éprouve des pertes sensibles.

Le capitaine Olivier, arrivant à 17 heures, prend aussitôt le commandement de la 7ème compagnie.
A la nuit, la situation est la suivante :

  • Groupe Sciard : berge du canal : compagnie Métivier, en arrière : compagnie Denis.
  • Groupe Legou : en ligne, de la droite à la gauche, compagnies Olivier, Ebener, Drouet.
  • Réserve : Filippini, Cardon.
  • La 4ème compagnie (Dedieu) est toujours au repos à Ondank Cabaret; le bataillon Prévotat toujours en réserve de brigade.

Nous apprenons à 19 heures 30, le débarquement des forces alliées sur le territoire Turc.

Après les pertes du 26 et du 27, un nouveau remaniement s’impose dans le personnel des officiers. A dater du 28, le personnel est réorganisé comme suit :

1er bataillon : capitaine Sciard

  • 1ère compagnie : lieutenant Dedieu
    • sous-lieutenant Métivier
  • 2ème compagnie : sous-lieutenant Denis
  • 3ème compagnie : sous-lieutenant Cardon
    • sous-lieutenant : Taverdet
  • 4ème compagnie : sous-lieutenant Gauthier
    • sous-lieutenant Deschamps

2ème bataillon : commandant Legou

  • 5ème compagnie : lieutenant Dubois
    • Lieutenant Drouet
  • 6ème compagnie : capitaine Ebener
    • sous-lieutenant Berton
  • 7ème compagnie : capitaine Olivier
    • lieutenant Azoulay
  • 8ème compagnie : lieutenant Filippini
    • sous-lieutenant Guilhamon

3ème bataillon : capitaine Prévotat

  • 9ème compagnie : lieutenant Kratzert
  • 10ème compagnie : sous-lieutenant Leroi
    • sous-lieutenant : Bay
  • 11ème compagnie : sous-lieutenant Chiaroni
    • sous-lieutenant Llinares
  • 12ème compagnie : lieutenant Cartier
    • sous-lieutenant Thoine
  • 13ème compagnie : capitaine Sousbie

L’ordre N° 11 du 28 une heure, prescrit de reprendre le 28 les attaques commencées le 27. Le groupe Mingasson conserve la même mission. La fusillade est vive toute la nuit, particulièrement à droite, vers Ypres.


29 avril 1915 – 12 heures

L’attaque Codet doit se déclencher à 15 heures; l’attaque Mariani doit partir aussitôt après.
Au centre, nos troupes (230ème et gauche du 268ème) enlèvent à l’ennemi une tranchées située à 200 mètres est de la route Furnes à Ypres, faisant plus de cent prisonniers, mais la droite du 268ème ne bouge pas.
Nos compagnies sont violemment bombardées par l’artillerie lourde ennemie, la compagnie Dubois et la compagnie Filippini sont particulièrement éprouvées. Le capitaine Lousbie est tué dans son abri et le lieutenant Dedieu est blessé. Le commandement de la 13ème compagnie est confié au capitaine Ebener; celui de la 1ère compagnie passe au sous-lieutenant Métivier, celui de la 6ème compagnie au sous-lieutenant Berton.

Dans la nuit du 28 au 29, les compagnies Gauthier (4ème), et Chiaroni (11ème), relèvent respectivement au groupe Legou, les compagnies Cardon et Berton.

Au bataillon Prévotat, une compagnie (Kratzert) a été envoyée à 14 heures en soutien du 268ème, une compagnie (Leroi) est envoyée au même point à 16 Heures.

Les ordres pour la journée du 29 sont les mêmes que ceux du 28, continuation des attaques, même objectif.


J’interromps ici la transcription du Journal des Marches et Opérations du 9ème Régiment de Marche de Zouaves sachant que Félix Joseph Raphaël a été blessé le 28 avril 1915 et qu’il décèdera des suites de ses blessures de guerre dans l’hôpital auxilaire N°4 érigé dans le château de Bizy à Vernon (Eure).

symbole1 Suite du Journal des Marches et Opérations de ce Régiment

symbole1 Source de ce document : Site Internet (DMPA/DPC/Mémoire des Hommes)

Page en correspondance :

symbole1 Félix Joseph Raphaël

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